‹ Le folk-lore de FranceChapitre 299 sur 403 · Soreau et Lauglais. Tradilions du Maine, p · texte numérisé non relu

Soreau et Lauglais. Tradilions du Maine, p

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leur pain au Rocher des Fées, une baguctte grâce à laquelle elle pouvait, en frappant le ruisseau, le traverser sans se mouiller, Elle le passa maintes fois, mais un jour qu'ellé avait dérobé quelque chose, les eaux ne s'écartèrent plus devant elle comme d'habitude’. Le domestique du fils de Charlemagne, héros d'un conte haut-breton, poursuivi par des bêtes féroces, touche avec sa baguette une rivière qui lui livre aussitôt passage et se referme pour engloulir les animaux qui s'y étaient aventurés à sa suile?. Un bonhomme qui va trouver le Vent frappe une rivière avec une baguelle magique, et un chemin s'ouvre au milieu *. La fille de la mère des Vents donne à un jeune garcon undes poils de Tramontane, en lui disant que lorsqu'il trouvera un ruisseau, il n'aura qu'à jeter le poil dans l'eau, pour que le ht aevienne aussitôt à sec.

Un épisode d’un roman de chevalerie, qui est peut-être emprunté à une tradition populaire, parle d'une rivière qui crût miraculeusement pour permettre à un héros de la traverser à la nage : lorsque le duc Richard arriva sur les bords de l'infranchissable fleuve Flagot, dont la rive était si haute que c'élail tout ce qu'un homme pouvait faire de jeter une pierre du haut en bas, par le vouloir de Dieu, la rivière s’enfla de telle sorte que l’eau passait par dessus la rive, si bien qu’on pouvait nager sans rien craindre. Dieu envoya un cerf qui la traversa devant Richard; celui-ci le suivil se recommandant à Dieu et se trouva aussitôt de l’autre bord; mais les païens ne purent le poursuivre, car incontinent la rivière se remit en son lit*.

Dans. quelques contes le héros, pour arriver dans le monde surnaturel, est obligé de franchir une rivière, où se trouve un passeur, qui est condamné à remplir ces fonctions pendant des centaines d'années, à moins qu'un voyageur, étant dans son bateau, ne lui dise où il va, ou, au retour, d'où il vient. Le passager qui répondrait à cette question serait contraint de prendre sa place ; la même chose lui arriverait s'il gardait à la main la mèche que le passeur lui présente pour allumer sa pipe. Parfois il doit éviter d'entrer dans la barque à reculons, sous peine de remplacer pour toujours le batelier *.

. d.-F. Cerquand. Légendes du pays basque, t. 11, p. 57-58. . Paul Sébillot. Contes de la Haule-Bretagne, t. Il, p. 115. . Paul Sébillot, ibid., t. III, p. 231.

:. J.-B. Andrews. Contes ligures, p. 165.

. Le Roman de Fierabras, ch. 30.

. F.-M. Luzel. Contes de Basse-Brelagne, t. 1, p. 102 et 105, 129 et 134. . E. Cosquin. Contes de Lorraine, t. I, p. 210, 215.

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