‹ Le folk-lore de FranceChapitre 304 sur 403 · Noëlas. Légendes foréziennes, p · texte numérisé non relu

Noëlas. Légendes foréziennes, p

5. August: Hock. Supplément aur croyances, etc. du pays de-Eiège, Liège, 1887; P. #4. APRES

tous deux: puis, brûlant comme deux torches vivantes dont les flammes éclairaient la nuit, l’homme et l'Esprit commencèrent un voyage fantastique ; la barque descendit la rivière, arriva sur le Rhône, traversa Lyon, Viénne, Valence, Avignon, Arles. Allirés par des cris affreux, les riverains voyaient briller comme un météore ces deux corps qui brûlaient en se tenant embrassés. Au matin, la barque et les voyageurs disparurent dans les flots de la mer.

Plusieurs chansons populaires parlent aussi de passeurs qui se montrent galants jusqu'à la violence, à l'égard des jeunes filles qui se trouvent seules avec eux dans le bac isolé : parfois celles-ci ne pouvant leur résister, y perdent « leur avantage », à moins que, par persuasion, elles ne se laissent ravir «leur cœur volage ». Une série plus nombreuse célèbre les batelières adroites qui, en employant la ruse, se débarrassent de passagers trop entreprenants?. Ce thème était populaire au XVI° siècle, et sans doute auparavant. La reine de Navarre raconte qu'au port de Coullon, près de Niort, une batelière qui, de jour et de nuit, faisait passer un chacun, fut sollicitée par deux cordeliers, qui même voulaient la prendre par force, ou, si elle refusait, la jeter dans la rivière, Elle feint de se rendre à leurs désirs, mais en demandant que chacun ait son tour. Ils y consentent, et elle va déposer le plus jeune dans une île, puis elle conduit l'autre à une seconde île où elle doit débarquer avec lui. Pendant qu'elle fait mine d'attacher son bateau à un arbre, elle lui dit de descendre le premier pour chercher un endroit propice; mais dès qu'il est à terre, elle donne un coup de pied au tronc de l'arbre et repousse sa barque au large, en se moquant de la mésaventure des deux moines .

Le sujet de la batelière a inspiré plusieurs chansons populaires qui pe diffèrent que par l'introduction et les incidents. Tantôt l'héroïne feint de céder par caprice, tantôt pour inspirer moins de défiance, elle ne consent à se rendre que contre argent comptant; mais le dénouement est le même :

Quand ils fur'nt prêts à débarquer

Le monsieur sauta le premier,

Mais il n’eut pas mis sitôt pied à terre Qu’la batelière recula sa navière ;

Et quelquefois, narguant son galant, elle lui fait une morale ironique, ou

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