CULTES ET OBSERVANCES
allèrent en demander à une nourrice ; celle-ci, sur le conseil de son mari, leur donna du lait de chatte dans une petite bouteille. Les sorciers se rendirent sur la rivière du Cosson ; là, avec de grandes gaules; ils se mirent à battre l'eau, où ils vidèrent le lait de la chatte, en faisant de grandes contorsions. Aussitôt le soleil pâlit, la terre trembla et tous les chats périreut à plus de vingt lieues à la ronde‘. Dans les Hautes- Vosges, quand on s’apercevait qu'une vache avait été ensorcelée, on allait la traire après minuit, et après avoir jeté une poignée de fumier sur les quelques gouttes de lait qu'elle avait données, on se rendait à la rivière la plus rapprochée de la maison ; on y vidait le seau en tournant le dos au courant, et l’on disait : « Voilà pour celui ou celle qui trait ma vache. » Désormais le sorcier trouvait du fumier dans son lait ?.
Les rivières constituent aussi un obstacle contre les maléfices. Certains sorciers du Finistère qui ont le pouvoir d'attirer dans leurs Jattes la crème de leurs voisins, même d'un village à l’autre, ne réussissent à l'exercer que si aucun ruisseau ne les sépare ?.
Les loups-garous sont moins souvent en relation avec les eaux courantes qu'avec celles des fontaines ; cependant, d'après une croyance
-girondine, lorsqu'on rencontre une personne mal baptisée qui court le
« gallout », on peut s’en débarrasser en courant vers une mare ou vers un ruisseau, dans lequel elle s’empressera de se précipiter “.