‹ Le folk-lore de FranceChapitre 312 sur 403 · Bérenger-Féraud, crie p · texte numérisé non relu

Bérenger-Féraud, crie p

6. G. de Mortillet, in Bull. Soc. d'Anthropologie, 1891, p. 310.

1. J.-G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Martin, p. 355. Ce récit fut fait à M. B par un prêtre qui, dans son enfance, avait été témoin oculaire du fait.

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LES EAUX GUÉRISSANTES 319

analogue avait lieu lors d’une procession faite aux mêmes intentions à Notre-Dame de Faubouloin : arrivé au ruisseau du Reinach, le cortège s’arrétait, et les pèlerins, se déchaussant prestement, puisaient dans leurs sabots l'eau du ruisseau dont ils aspergeaient bon gré mal gré, leur curé !.

Les eaux des rivières ont moins de vertus guérissantes que celles des fontaines; cependant il en est quelques-unes qui possèdent ce privilège, parfois à la suite d'un événement miraculeux. Une année où l'on avait oublié la statue de N,-D. de Divermont dans l'église de Fumay, au lieu de ia reporter pour le dimanche de la Trinité dans sa chapelle favorite, elle descendit de son piédestal et se mit toute seule en route pour s’y rendre ; mais comme il pleuvait, elle s'aperçut qu’elle était souillée de boue ; elle se lava dans le ruisseau qui coule au pied des rochers de Divermont, et depuis, ses eaux ont la réputation de guérir plusieurs maladies et principalement celles des yeux ?.

Les eaux courantes sont surtout efficaces à un moment déterminé de la journée, ordinairement le matin. On à vu au chapitre précédent, que cette condition était observée près des fontaines guérissantes. Dans le Nivernais, à défaut de fontaine, on peut se rendre, avant le lever du soleil, vers un ruisseau, vers une rivière, n'importe lesquels, et s'étant agenouillé, on salue la rivière en lui disant: «Bonjour, rivière », et on la nomme par son nom. Ceci fait, on s'accroupit sur ses bords, et on aspire une gorgée d'eau qu'on rejette après s'en être rincé la bouche; on en prend ensuite une seconde qu'on avale, puis une troisième qu'on rejette comme la première en disant: « Tiens, rivière, voilà ma fièvre, tu me la rendras quand ton cours remontera ». On a, comme toujours, christianisé cette pratique en recommandant de dire ensuile neuf Pater et neuf Ave, pendant neuf jours, en l’honneur de la sainte Vierge, qui remplace la divinité topique ?,

Plusieurs de ces pratiques, de même que celles qui ont lieu au bord des fontaines, doivent être faites à la première heure. Aujourd'hui encore quelques villageois viennent invoquer la rivière d'Arroux, pour se débarrasser de la fièvre ou de toute autre maladie. Les eaux de ses petits affluents les guérissent aussi, à la condition d'observer certaines pratiques séculaires. On doit se rendre sur leurs bords, trois jours de suite, avant le lever du soleil, lancer chaque fois un sou dans l'eau, en prendre une gorgée et la rejeter. On invoque

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