‹ Le folk-lore de FranceChapitre 313 sur 403 · J.-G. Bulliot et Thiollier, L. c., p · texte numérisé non relu

J.-G. Bulliot et Thiollier, L. c., p

2, A. Meyrac. Villes el villages des Ardennes, p. 221.

3. Lucien Gueneau. Deux mots sur nos sorciers, in Société académique du Nivetnais, 1887, p. 151, 146.

alors la source, le ruisseau, l'Arroux, la Loire même, dans laquelle ils tombent. Les formules varient : « Arroux, je t’apporte mon malheur, donne-moi {on bonheur. Loire, Loire, prends mon malheur, donne-moi ton bonheur. Bonjour, Loire, donne-moi ton bonheur, je te donnerai mon malheur ». On emploie aussi une conjuration analogue à celle usitée en Nivernais : « Fièvre, va t'en, toi; quand l'eau remontera, je te reprendrai ‘». Dans la région nivernaise, ceux qui veulent se guérir des maladies de la bouche vont, avant le point du jour, sur le bord d'une rivière ou d'un étang où croissent des jones, el y prennent trois des plus beaux jets, qu'ils doivent bien se garder de briser en les arrachant?.

Dans les Vosges, pour se débarrasser des verrues, il faut si l’on passe, par hasard, avant le lever du soleil, à proximité d’une rivière dont l’eau est agitée et se couvre d’écume, se laver les mains avec cette écume autant de fois qu'on a de verrues ÿ.

Comme les eaux des sources, celles des rivières sont surtout Sn santes lors de certaines fêtes, et même parfois n'ont de vertu qu'à ce moment. L'efficacité, pour la guérison des fièvres, de l’eau du ruisseau de Saint-Quentin, près de l’ancienne abbaye du Mas Grenier, ne se manifeste que le jour de la fête du saint dont :il porte le nom, et seulement entre le lever et le coucher du soleil‘. L'eau du Gardon, dans la vallée de Vareille ‘Ain), guérissait les maux de dents des enfants qui se gargarisaient avec elle le jour de la fête de saint Jean l'Hermite, qui vécut autrefois sur ses bords’. À Combres (Eure-et-Loir), on conserve l'eau puisée à la rivière le jour Saint-Jean, avant le lever du soleil jusqu’à la maturité des pommes; les cidres fails avc elles sont meilleurs et se gardent mieux que les autres‘.

A Moha (Wallonie), celui qui veut se débarrasser de ses verrues, doit tremper la main dans un ruisseau pendant que sonne un glas, en souhaitant que le défunt dont il annonce la mort, les prenne et les emporte dans la tombe’.

En dehors des solstices et des heures, diverses circonstances influent sur les effets curatifs des eaux courantes. Les eaux du ruisseau de Chanillière à Tarare, sont bonnes pour certaines maladies, mais seulement à proximité du Palet de Samson, longue pierre qui sert de pont, et près des Noyers dansants, où les fées du voisinage venaient former des rondes f. Les malades ve plonger leurs membres paralysés

, Mémoires de la Sociélé éduenne, t. XVIII, p. 288.

. Lucien Guéneau, in Soc. acad. du Nivernuis, 1887, p. 146.

. L.-F. Sauvé. Le Folk-Lore des Hautes-Vosges, p. 245.

. Abbé Daux. Croyances du Montalbanais, 1903, p. 9.

. Alex. Bérard, in Revue des Revues, 15 Mars 19 01.

. Félix Chapiseau. Le Folk-Lore de la Beauce, t. F, p. 296. E. Monseur. Le Folklore wallon, p. 29.

. Claudius Savoye. Le Beaujolais préhistorique, p. #18.

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