LES PRÉSENTS AUX FLEUVES
dans l’eau du Jaunay, ruisseau près de la Chapelle Hermier (Vendée), devenue curative au contact de la Pierre de Garreau’. En Ille-et- Vilaine, un ruisseau guérit de la fièvre, depuis que, pendant la Révolution, un pauvre homme nommé Gendrot fut enseveli sur ses bords; près de là est un bouleau auquel sont attachées de petites croix, et les croyants déposent de petites pièces de monnaie dans un trou du sol?.
Dans plusieurs contes figurent des rivières qui, comme cer sources, rendent la vue aux aveugles qui s’y lavent les yeux ÿ.
Les cours d’eau ont aussi de l'influence sur la vigueur ou la santé des animaux. En Bretagne, le jour de la fête de saint Eloi, on avait autrefois coutume de faire monter à poil, par un garçon robuste, les chevaux indomptés et de leur faire franchir d’un bond le large ruisseau qui tourne aulour de la chapelle : l'animal qui avait subi cette épreuve l’emportait en vigueur sur tous les autres‘. Un ruisseau des environs de Morlaix assurait la fécondité aux Juments qui l'avaient traversé 5. Actuellement, lors du pardon de saint Herbot, à Ploudalmezeau, on leur fait, après la messe, sauter trois fois une petite rivière voisine de la chapelle et de la fontaine miraculeuse.
Les offrandes faites aux rivières par ceux qui vont leur demander la santé sont fort rares. Cependant les fiévreux Jetlent des sous dans celles des environs d’Autun, pratique aussi usitée en Ille-et-Vilaine sur les bords d'un ruisseau réputé curatif 7.
De nombreux exemples, constatés surtout dans la région du Nord, montrent qu'on leur faisait des présents de diverses natures pour se meltre à l'abri des accidents, soit quand on franchissait des gués, soit lors des traversées en bateau. La coutume s'en perpélua même dans la suite, par tradition, lorsqu'on passait sur les ponts qui leur avaient succédé ; à Châtelet, on découvrit pres d’un pont, sur l'emplacement d'un antique gué de la rivière, un banc entier dont la gangue argileuse et ferrugineuse était formée de débris de toutes sortes jetés par les Yoÿageurs, morceaux de fer, de plomb, de cuivre, d'étain, épingles antiques, et de monnaies, dont les plus récentes étaient du X VII: siècle ;
à Farciennes on trouva aussi des objets analogues ; à Rennes, quand
laines
1, Marcel Baudouin, in Gazette médicale, 19 décembre 1903, d'a. abbé de Pondevie. Soc. d'ém. de la Vendée, 1887, p. 31.