Barzaz-Breiz, p
2. Ravennatis anonymi Cosmogruphia, éd. Pinder. Berlin, 1860, p. 420. 3. Vies des saints de Bretagne, 1831, p. 53.
AEVIFLE DITS 7 45
plus récente ‘. Albert Le Grand s'était en réalité, servi aussi, puisqu'il les énumère dans l'indication de ses sources, de l’AHistoire de ou de d'Argentré et des Chroniques d’Alain Bouchart ?,
Voici les passages de ces vieux historiens, que je reproduis in exténso, bien que les deux premiers surtout ne diffèrent que par des détails. Grallon eut familier le benoist Corentin et luy donna son palais. Peu après Corentin fut consacré evêque des Corisopitenses… et leur grande cité d'Ys, située près la grandmer,si comme on dit, fut en celuy temps pour les pechez des habitans submergée par les eauës issants de celle mer qui trespasserent leurs termes, laquelle submersion le roy Grällon qui lors estoit en celle cité eschappa miraculeusement: c’est: à sçauoir par le mérite de saint Guingalois. Et dit l’on que encor en appièrent des vestiges sur la rive de celle mer qui de l’ancien nom de “la cité est iusques à maintenant appelé Ys*. Aucuns ont écrit, dit d'Argentré, que durant la vie du roy Gralon, la ville d'Y$, près Quemper, fut abysmée et submergée par la mer ; encor aujourd'huy les habilans monstrent les ruines et le reste des murailles si bien cimentées que la mer n'a peu les emporter, disans que le roy Gralon estoit lors dedans quand elle ruina et que miraculeusement il fut préservé parles prières de saint Guingaloy ; ce sont les accidents, lesquels par semblables submersions de mer sont souvent advenus ailleurs, et Dieu conserva Loth de semblable fortune, mais de cela, il n’y a pas de seurs temoignages ny aultre qu'un ancien bruit baillé de main en main“.
Le récit du chanoine Moreau, un peu plus développé, contient quelques traits qu'on ne lit pas chez ses devanciers. Il y a là un pavé conduisant de la ville de Carhaix jusqu'à ladite baie (Douarnenez). Néanmoins ne s'en trouve rien par écrit ni aucun mémoire qui en fasse foi, mais seulement une tradition ou peut-être une erreur populaire ; ce sont les pavés qui aboutissoient de tous côtés à cette très célèbre et prétendue ville appelée [s en la bouche du vulgaire du pays, qu'ils disent avoir été située où est présentement la baie de Douarnenez ou à la pointe du Raz, et qui depuis a été par succession de temps conquise par la mer il y a environ douze ou treize cents ans. Savoir est du temps des saints personnages Corentin, Guénolé, Tadec, regnant en ces temps là en Bretagne le grand roi Gralon. et le tout arrivé par une juste punition de Dieu pour les péchés du peuple et de ladite ville, se servant de ce furieux élément pour punir les iniquités des injustes.