Lancelol du Lac, ch. VI
5. Berger de Xivrey. Traditions lératologiques du moyen äge, p. 128:
Lorsqu'elle se réveilla, elle ne vit plus ses compagnes el, au moment où elle allait se mettre à leur recherche, parut un beau chevalier qui lui parla si bien d'amour, qu'elle se laissa persuader. Le chevalier l'enlève sur son cheval, se dirige vers un bois, et parvenu au bord d'un lac, lui montre le chemin par lequel on peut arriver à sa résidence siluée sous les eaux. La reine y reste quelque temps, avant de revenir au palais, et c'est de son commerce amoureux avec le chevalier que naquit Tydorel'. Une ancienne légende, dans laquelle les démôns ont peut-être été substitués à des génies, raconte que l'Etang noir renfermait sous ses eaux un palais infernal. D'après la Cronaca de Calaluna de Pujedo (1609) le seigneur de Nohèdes vendit sa fille aux diables qui l'emportèrent dans cette demeure. Sept ans après, elle réussit à s'échapper, et, revenue près de son père, elle raconta ce qu'elle avait vü, décrivit le château des diables, leurs réunions, et dévoila leurs secrets et leurs maléfices?. Des démons habitaient aussi les lacs du Mont Saint-Barthélemy dans l'Aude’, l'Homme de fer, le héros gigantesque d'un conte lorrain, avait, au milieu d’un grand lac des Vosges, son palais que recouvraient les eaux fi
Les fées ou des dames aquatiques apparentées, qui demeuraient sous les étangs ou sous les lacs, figurent plus souvent que les génies mäles dans les légendes contemporaines, et leurs gestes sont quelquefois rapportés avec détail. En Basse-Bretagne on leur attribue d’ordinaire des actes méchants. Souvestre a longuement parlé de la Groac’h de l'ile du Lok; il avoue lui-même que cette localisation est arbitraire et que les conteurs placent la résidence de cette enchanteresse dans des endroits variés, el parfois imaginaires. Bien que fort arrangé et orné d'épisodes que l'on n'a point retrouvés dans la fradition bretonne, son récit constate tout au moins la croyance à un monde lacugtre merveilleux. Cette groac'h élait une fée qui habitait le lac de la plus grande des iles Glénans ; etcomme elle passait pour être aussi riche que tous les rois réunis, beaucoup de gens élaient partis pour s'emparer de ses trésors ; mais aucun n'était revenu. Un jeune garcon aborde à l'ile et, arrivé au bord de l’élang, entre dans un canot en forme de cygne qui s'anime tout à coup, l'entraine loin du rivage, et plongeant avec lui sous l'eau, le dépose près d'un palais enchanté. Il rencontre la fée qui lui montre ses trésors, en lui disant que toutes les richesses qu'engloutissent les naufrages sont apportées à l'étang par un courant magique. Elle lui propose de l'épouser ; le garçon accepte.
. Gaston Paris. Lais inédits. NV. Lai de Tydorel, in Romania, t. VIN, p. 66-72. 9. Horace Chauvet. Légendes du Roussillon, p. 51.
. La Mosaïque du Midi, 1831, P. 228.
. Henry Carnoy. Contes français, p. 43.
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LES FÉES ET LES SIRÈNES AA él ta. fée va pêcher des poissons qu’elle lui sert ; pendant qu'elle s'est absentéé, ik se met à couper tes poissons avec le couteau de saint Corentin qui détruisait les enchantements ; les poissons redeviennent de petits hommes qui lui disent qu'ils ont été métamorphosés ainsi le lendemain de leur mariage avec la groac'h. Le garcon veut s'échapper, mais la fée jette un filet d'acier et le change en une grenouille qu'elle va aussitôt porter dans le vivier!.
Sous les eaux de l'étang au Duc, près de Vannes, vivait une dame mystérieuse, à laquelle ceux qui ont rapporté ses gestes donnent tantôt le nom de Groac’h, tantôt celul de Mary Morgan, tantôt celui de sirène, bin qu'aucun récit ne parle de la queue de poisson, attribut essentiel de cette divinité aquatique. Elle n'était pas née fée : c'était jadis une princesse de vingt ans, propriélaire de ce petit lac, et recherchée en mariage par tous les grands seigneurs du pays: un de ceux-ci, à qui appartenait l'élang de Plaisance, la fatiguait de ses importunités. Ne sachant comment s'en délivrer, elle lui dit un jour qu'elle le prendrait pour époux quand l'étang de Plaisance coulerail dans celui du Duc. L'’amoureux ne répliqua rien; mais, ayant fait creuser un canal pour réunir les deux pièces d’eau, il invila la dame à une fête et la reconduisit en bateau, de Plaisance à l'étang au Duc, ceci désespéra si bien la pauvre princesse que, sommée . tenir sa promesse, elle se précipita, la tête ïa première, au fond de l'eau. Depuis ce jour, dans les belles nuits d'été, on voit de temps à autre, assise sur un rocher voisin de l'Hôpital général, une femme d’une incomparable beaulé, tenant à la main le peigne d’or des sirènes et toujours occupée à démèler sa blonde chevelure, Surprise une nuit par un passant, ‘elle se sauva avec lant de précipitation, qu'elle oublia son peigne, dont il s'empara; mais elle se vengea en l'entrainant sous les eaux. Elle attira aussi dans son palais de cristal un capucin qu'elle avait rendu amoureux, et un soldat, qui, séduit par sa beauté, s'était approché d'elle ?
Une princesse, belle comme le jour, demeure dans un château, tout au fond de la mare qui es en haut de la côte de la Madeleine, à Pluduno (Côtes-du-Nord). Un garçon du pays l'entendit chanter et depuis il en avait perdu le boire et le manger, si bien qu'un jour il se jela dans l’eau. Malgré toutes les recherches, on n'a pu trouver son cadavre ; les uns assurent qu'il vit heureux auprès de la princesse,