‹ Le folk-lore de FranceChapitre 343 sur 403 · Le Foyer Breton: t. I, p. 156 et suiv · texte numérisé non relu

Le Foyer Breton: t. I, p. 156 et suiv

Quelques épisodes font songer aux enchantements de la reine Labbe des Mille el une Nuits.

2, Hipp. Violeau. Pèlerinages du Morbihan, p.157; abbé Mahé. Anliquités du Morbihan, p. 417; Vérusmor. Voyage en Basse-Brelagne, p. 62: E. Souvestre. Les derniers Brelons, t. T, p. 119. Ne Sn

d’autres disent qu'il est mort, mais que son corps, n'ayant pas eu de prières, est condamné à errer jusqu’à ce qu'une personne charitable sait parvenue à le faire enterrer en terre bénie!.

Dans une gracieuse légende de la vallée d'Aoste, l'intervention du génie qui emporte au fond des eaux a été provoquée par une incantalion imprudente. Trois jouvencelles qui venaient folâtrer sur les bords du joli lac de Forneil et se plaisaient à s’y baiguer, chantaient parfois et disaient en s'adressant au lac: Lei, léi, pren la piu bella de nu tre! Lac, lac, prends Ia plus belle de nous trois! Un jour d'été, vers le soleil couchant, lorsqu elles repétaient ce refrain en se baignant les pieds, la plus jeune poussa un cri de détresse, et attirée par une force invincible jusqu'au milieu du lac, elle disparut. Le fée du lac avait pris la plus belle des trois filles et elle ne l’a jamais rendue ?.

On n'aitribue pas des séductions ou des enlèvements analogues à

plusieurs bonnes dames dont la résidence est aussi lacustre, comme les fées des petits lacs du Roussillon qui habitaient un palais caché sous les eaux*. Dans la vallée d’Azun, une fée était condamnée à demeurer au fond d'un lac, jusqu'à ce qu'un jeune homme, ayant mangé quelque chose, sans cesser d'être à jeûn, fût venu l'épouser. Un adolescent qui se promenait dans le voisinage prit un grain de blé et le rompit avec ses dents pour voir s'il était mûr; ayant ainsi résolu le problème, il épousa la fée ; il en eut des enfants, mais l'ayant appelée par mégarde hade ou dame d'eau, elle retomba sous le charme, parce qu'il ne faut jamais appeler un esprit par son nom“.

. Quelquefois ces personnages aquatiques étaient assez mal définis, comme celui que vit un ermite qui faisait pénitence sur les bords du lac Saint-Laurent, non loin d'Ancenis; s'étant refugié pendant un orage dans un chène creux, il n’en put sortir, parce que le vent avait tordu l'arbre et l'y avait enfermé ; il chercha à se dégager en grattant la terre près des racines, trouva des marches, et finit par descendre dans un souterrain obscur, au bout duquel on voyait comme une petite lumière ; lorsqu'il en eut atteint l'extrémité, il sortit en plein soleil, juste audessous du milieu de l'étang, dans un jardin, où se promenail une dame en blanc, d'une beauté merveilleuse 5. Dans le Gers, sept belles demoiselles, qui savent lout ce qui se fait et qui se fera, vivent cachées au fond d'un grand lavoir et n'en sortent qu'à la Saint-Jean, pour danser avec les fées depuis minuit jusqu'à la pointe de l'aube.

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