‹ Le folk-lore de FranceChapitre 347 sur 403 · Richard. Trad. de Lorraine, p. 104. FL RUE DA · texte numérisé non relu

Richard. Trad. de Lorraine, p. 104. FL RUE DA

qui apparaissent la nuit de l'Avent, courent sus aux voyageurs pour les noyer dans l'étang de Bury‘, et nombre d’autres lutins ont un rôle tout aussi malfaisant.

Parmi ces esprits, les plus connus, comme les plus redoutés, sont ceux qui manifestent leur présence par une flamme bleuâtre ou par une sorte de lumière. Elle est produite par les exhalaisons phosphoréscentes des eaux ; mais les gens de la campagne n’admeltent pas que ces lueurs, auxquelles ils donnent souvent des noms significatifs, se promènent ainsi toutes seules dans la nuit ; elles sont portées par des êtres de petite taille qui appartiénnent soit au monde des lutins, soit à celui des âmes en peine. Si le feu follet appelé en Basse- Bretagne Letern no: (lanterne de nuit) 7'an noz (feu de nuit) Æeleren (follet) voit lé premier un voyageur, il lui fait perdreso n chemin, et le conduit dans un étang où il le noie, Pour le conjurer, il faut ouvrir son couteau, de manière à ce que la lame forme un angle aigu avec le manche, le planter en terre le plus près possible du feu, et avoir soin aussi de retourner son bonnet?, Paotrik he skod tan, le petit garçon qui porte le feu, tient à la main un tison enflammé el voltige comme un papillon de nuil au-dessus des prairies et des marais. Il à Souvent égaré, et quelquefois noyé les gens ivres ou téméraires qui l'avaient poursuivi *.

Dans les Vosges si l’on passe près d’une mare, ou si l'on entre dans un de ces terrains marécageux connus sous le nom de feignes, d’où le voyageur à tant de peine à sortir, on à de grandes chances pour voir le lutin Cula se montrer à dix pas. Il prend mille formes, chandelle, cierge, lanterne, boule de feu, bouc aux yeux flamboyants, et il. cause la perte de celui qui a l'imprudence de le suivre, donnant à [eau l'apparence de la terre ferme, à la terre ferme l'apparence de l’eau. Le seul moyen de se débarrasser de ses importunités est de jurer comme un charretier : Cula, qui a horreur des blasphèmes, se précipite dans la première flaque d'eau venue, et l'on voit s'allumer tout à l'entour de l'endroit où il a plongé une multitude de petites flammes vertes, jaunes, bleues et rouges, tout cela dansant et sautillant de manière à donner le vertige et à aveugler *. Les Annequins des Ardennes qu'on appelle aussi Lumerettes, se présentent la nuit, sous l'apparence de feux follets, aux voyageurs attardés ou égarés, surtout lorsqu'ils se trouvent proche d'un marais ou d’une rivière. Ils dansent devant eux, cherchant à les conduire peu à peu dans l’eau pour les y noyer. Pour n'être pas leur victime, il faut, dès qu'on les aperçoit se cacher

4. E. Thoullier. Vallant Saint-Georges, (Aube), p. 70. 2. Le Men, in Rev. Celtique, t. 1, p. 422.

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