L.-F. Sauvé. Le Folk-Lore des Hautes-Vosges, p
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asséz vivement pour qu'ils ne vous voient pas ou qu'ils perdent vos traces, ou bien se couvrir entièrement le corps ou la figure‘. Dans la Marche, les Alléchous sont la personnification de feux follets qui voltigent sur les marais et y attirent les passants?. Les Ardis du Beaujolais les suivent parfois ou fuient devant eux, et ils font repentir de leur curiosité ceux qui s'aventurent à leur suite. En Poitou, les feux follets des marécages courent après ceux qui les évitent, mais s'enfuient si on les poursuit*.
Les Fifollets du Bessin se montrent près des eaux slagnantes, se plaisent à égarer les gens et rient ensuite aux éclats’. En Picardie, les Fioles, comme d'autres esprits de la nuit, sont surtout dangereux pour ceux qui sifflent le soir ; ils se dirigent vers eux pour les entraîner dans l'eauf. Ce feu follet y est aussi appelé fofu, feu fou, ou Capieu rogné, à cause de la forme de son chapeau ; pour se débarrasser de lui, il faut avoir recours à un procédé qui rappelle celui qu'on emploie en Basse- Bretagne et à Guernesey ; on fiche en terre un bâton, un couteau ou une aiguille: le fofu essaie de passer par le trou et abandonne le voyageur ‘.
D’après une croyance fort répandue à l'heure actuelle, les feux follets ne-sont pas seulement des lutins anthropomorphes qui, suivant une conception plus ancienne, se rattachent au monde des génies secondaires, mais plus fréquemment peut-être, des morts sortis de leur mystérieux séjour, el qui, au moyen de ces lumières, cherchent à attirer l'attention des hommes. Quelques-uns, tout en changeant pour ainsi dire de classe, ont gardé les allures el les gestes des lutins véritables. Les Flambeaux ou Flambettes ou Flamboires, que l'on appelle aussi des feux fous, sont pour les paysans du Berry des àmes en peine qui leur demandent des prières, ou de méchantes âmes qui les entraînent dans une course désespérée, et les mènent, après mille détours insidieux, au plus profond de l'étang ou de la rivière. On les entend rire, toujours plus distinctement, à mesure qu'elles s'emparent de leur proie et la voient S approcher du dénouement faneste et inévitable. Les croyances varient beaucoup sur la nature ou l'intention plus ou moins mauvaise des flambettes. Il en est qui se contentent de vous égarer, et qui pour en venir à leurs fins, ne se gênent nullement pour prendre diverses