‹ Le folk-lore de FranceChapitre 349 sur 403 · O OC À · texte numérisé non relu

O OC À

apparences. On raconle même qu'un berger qui avait appris à se les rendre favorables, les faisait venir et partir à son gré, et tout allait bien pour lui sousleurprotection!. En Touraine, où ces météores se nomment Feux beloirs, quand il sont un peu gros on les regarde comme des revenants, d'ordinaire malfaisants:; ils entraînent dans les fosses ou les rivières ; ceux qui les appellent « chatsfoireaux », sont irrémédiablement attirés?. Vers 1820, les paysans du Périgord qui voyaient des feux follets croyaientque c'élaient des âmes en peine; ils leur jetaient une monnaie de cuivre, de préférence trouée, et l'esprit satisfait de cette offrande disparaissait*. À Guernesey, le follet ou farfadet, appelé Faeu Bélengier, a souvent l'apparence d'une lanterne ou falot : le voyageur attardé, en suivant sa lumière trompeuse, finit par se lrouver plongé jusqu'aux épaules dans quelque marécage. On croit aussi que ce météore indique un trésor caché dont il est en quelque sorte le gardien. Quelques-uns disent que c'est l'âme d’un malfaiteur, condamné à errer jusqu'au jour du jugement, et qui cherche à se délivrer de sa peine en se suicidant. C'est pour cela que si l’on fiche en terre ou dans l'écorce d'un arbre un couteau, la lame debout, elle se débattra toute la nuit contre cette lame, et que le lendemain des taches de sang sur le métal altesteront l'opiniâtrelé de cet esprit vagabond‘. Les feux follets qui voltigent sur les marais de Briouze sont les âmes des habitants de la ville qui y fut engloutie ; celui qui suivrait l’un d'eux tomberait dans une fondrière et disparaitrait sans retourÿ.

Les âmes des enfants morts sans baptême se montrent aussi sous cet aspect: les ZLoumerotte du pays de Liège conduisent dans des précipices ceux qui ont l'imprudence d’aller vers eux : quand ils y ont réussi, ils éclatent de rire‘; le Queular du Morvan attire les gens au bord des étangs pendant les Avents de Noël, et les entraîne au fond avecun rire diabolique. Il est toutefois aisé de s’en débarrasser : il suffit de jeter dans l'eau un morceau de bois ou une pierre; le queular, persuadé qu'il à réussi dans sa tentative, s'y précipite aussitôt en ricanant. Les Culards de l'Yonne et du Nivernais, les Flambards de la Beauce, — ces derniers n'étaient pas des enfants morts sans avoir été baptisés, — se laissent prendre au même stratagème !,

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