‹ Le folk-lore de FranceChapitre 350 sur 403 · A. Hock. Croyances du pays de Liège, p · texte numérisé non relu

A. Hock. Croyances du pays de Liège, p

1. D' Bogros. À (ravers le Morvan, p. 145. Baudiau. Le Morvand, p. 32; C. Moiset. Usages de l'Yonne, p. 98 ; A.-S. Morin. Le Prêtre et le Sorcier, p. 12.

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Les esprits de l’autre monde qui se présentent sous l'aspect de feux follets ne sont pas toujours nuisibles; parfois ce sont de pauvres pécheurs qui accomplissent leur pénitence. Ceux qu'on appelle Portefeux dans le Rosemont, et qui se montrent surtout aux environs des étangs et des prés marécageux, sont des âmes du Purgatoire qui viennent demander un soulagement à leurs peines'. Des lueurs qui suivent les belins ou barques plates de la Grande Brière (Loire- Inférieure) sont aussi les âmes de ceux qui furent sacrifiés par les druides sur les rochers des environs”. Ce nom et la mention des sacrifices doivent être tout modernes et ils ont sans doute été suggérés aux paysans par des récits de Louristes ou de celtomanes ; il s'agissait vraisemblablement autrefois de revenants ordinaires.

L'Eclairous ou Eclaireur de la Haute-Bretagne, qui se promène aux abords des rivières, voltige aussi près des étangs ; c’est un prêtre qui a perdu une hostie dans le ruisseau, d’où elle est allée dans un étang, et il est condamné à la chercher jusqu'à ce qu'il l’ait retrouvée ; les vers luisants de la rive lui servent de chandelle, quoique son nom semble indiquer qu'il porte lui-même une lumière. 11 fait tomber dans les mares ceux qui lui ont manqué de respect, ou leur lance de l’eau sur tout le corps*. Une petite couronne de feu que l'on voit la nuit de la Saint-Jean au dessus de l'étang du Fief (Loire-Inférieure) indique peutêtre une âme en peine: elle se montre à l'endroit où disparut une châtelaine qui, ayant voulu soulever la pierre qui recouvre le trésor enfoui près de là par le duc de Mercœur, glissa dans l’eau et se noya ‘.

La tradition associe parfois ces météores à des personnages vivants, qui n'apparliennent pas au monde surnaturel, mais à celui de la sorcellerie. Dans les Hautes-Alpes lorsqu'on apercevait un feu follet on disait : « Voilà les sorcières qui vont au sabbal® ». Ceux des marais de Senonches, dans le Perche, sont les âmes des individus qui ont fait un pacte avec le diable ; c'est'quelquefois un voisin dont on cite le nom. Il va près d'un endroit où doit passer celui à qui il en veut, se couche sur le dos, prononce quelques paroles cabalistiques : son âme s’exhale de son corps sous la forme d’un Flamba ou follet, et voltige devant sa victime pour l'égarer. Si lorsqu'il se présente, on lui jette un mouchoir, il vous quitte et s'amuse à jouer avec, et le lendemain on trouve le mouchoir intact. Si on lui lance un couteau, on le retrouve ensanglanté, parce que le flamba s’est blessé en le maniant. Si on rencontre le

1. H. Bardy. Le Folk-Lore du Rosemont (pays de Belfort), p. 20.

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