H. Quilgars, in Rev. des Trad. pop., t. XI], p
3. Paul Sébillot. Trad. de la Haute-Bretagne, t. 11, p. 381, t. 1, p. 152. 4. Jean du Bouffay, in Rev. des Trad. pop. t. XIV, p. 162.
>. Ladoucette. Hist. des Hautes-Alpes, p. 461.
corps d’où le flamba s'est échaopé la face tournée vers le ciel, et qu'on la lui retourne contre terre, il voltige autour pour essayer d'y rentrer avant le jour. S'il ne le peut, il s'envole et devient la propriété du diable; le corps a alors cessé de vivre'. En Haute-Normandie, la Fourolle est une femme qui, ayant accordé ses faveurs à un prêtre, est condamnée à une pénitence nocturne. Lorsqu'elle s’est déshabillée, elle se couche sur le sol, et son âme, abandonnant son corps, va flamboyer à travers champs et au-dessus des mares. Le voyageur après lequel elle court peut s’en débarrasser en fichant en terre son bâton, au bout duquel la fourolle vient se fixer comme le follet picard*. Dans les environs d’Argentan (Orne), la Fuulau est aussi une femme qui prend l'apparence d'une lanterne pour tâcher d'attirer les passants dans les bourbiers®. Suivant une idée qui, jusqu'ici n'a élé relevée qu’en Berry, ces lueurs nocturnes semblent en relation avec la féerie : on voit fuir au-dessus des eaux de l'étang de la Mare Rouge, commune de Douadie, une petite flamme tremblottante ; c'est la fée qui revient, sans pouvoir achever la tâche, qu'elle avait entrepris, d'apporter une assise au château du Bouchet“ ; deux blanches filles de l’air venaient autrefois, par certains clairs de lune, se mirer dans la mare qui porte le nom de Lac aux fées, près d'Henrichemont ; si quelqu'un essayait de surprendre le secret de
leur innocente coquetterie, elles se changeaient aussitôt en petites flammes qui couraient en se jouant sur la surface de l’eau *.
Dans quelques endroits de l'Yonne, on croyait naguère que les feux follets étaient des chandelles que des danseuses invisibles tenaient à la main °.
Les lutins appeleurs, que l’on rencontre sur le bord de la mer et dans le voisinage des rivières, sont aussi, mais plus rarement, en relation avec les eaux stagnantes. Le Lupeux du Berry manifeste sa présence par une petite voix claire qui répète ah! ah! Celui qui est assez curieux pour lui dire jusqu'à trois fois : « Quoi donc ? » ou « qu'est-ce qu'il ya?» l'entend babiller comme ane pie, raconter des aventures étranges ou scandaleuses. Il finit par conduire le voyageur au bord d'une eau trompeuse et lui dit: « Regarde! » Alors le lupeux pousse l'imprudent, et perché sur une branche au-dessus de l'eau, il dit à sa victime qui se noie: « Ah! ah!... Eh bien, voilà ce que c'est’ ». En
1. Prosper Vallerange. Le clergé, la bourgeoisie, etc., p. 97 ; cf. sur ce thème de
l'âme séparée du corps : Paul Sébillot. Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 625 et suiv.
. Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p. 241-8.
. Chrétien de Joué-du-Plein. Veillerys Argenténois, MMS.
. L. Martinet. Légendes du Berry, p. 7.
. Laisnel de la Salle. Croyances du Centre, t. 1, p. 418.
. C. Moiset. Usages, etc., de l'Yonne, p. 90.
. George Sand. Légendes rustiques, p. 113-116.
Léo. anne th
LES LUTINS APPELEURS 193
Haute-Bretagne, le Houpoux imite le hou hou! plusieurs fois répété par lequel les paysans ont coutume de s'appeler le soir : souvent, pour mieux séduire les garçons, il module son cri, de façon à le faire ressembler à la voix d’une jeune fille, qui serait altardée au bord d’une mare ou d'un doué. Ce lutin est très apparenté aux Hoppers de Basse- Bretagne qui manifestent surtout leur présence sur le bord des rivières !.
Les apparilions nocturnes de personnages gigantesques sur le bord des eaux stagnantes sont rares à ce point qu'une seule a été constatée jusqu'ici, dans un coin du Berry. Le Grand Bissêtre est surtout connu par la notice qui accompagnait un dessin de Maurice Sand. D'après elle, il préside aux événements qui ont lieu les années bissextiles, court les champs, les élangs, les marécages, dont il fait sortir les pestilences et les mauvaises fièvres. Il s’assied tout nu sur le bord des étangs, souvent près de la bonde, les pieds dans l'eau et sa taille est celle d'un géant?. C'est dans cette posture que l'avait représenté Maurice Sand dans une composilion que j'ai vue chez sa veuve, et qui était autrement impressionnante que la gravure qui en a été faite et qui a paru dans l'{llustlration,