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L. Duval. Esquisses marchoises, p

jusqu'à lui, sans cligner la paupière, aurait eu le droit de l'emporter. D'autres lavaient la nuit, pour rendre service aux hommes ; lorsqu'on portait le soir le linge près des doués, elles venaient à minuit faire la besogne des laveuses qui, au matin, le trouvaient parfaitement nettoyé.

En Gascogne, le Drac s'occupe aussi à des lessives nocturnes : un homme qui revenait seul de Lectoure entendit, en passant à la nuit close près d'une mare, de grands bruits comme ceux que font les battoirs de lavandières ; il se demanda quelles étaient les sottes qui lavaient à pareille heure ; ce n'étaient pas des lavandières, mais bien le Drac. Celui-ci fut tellement irrité d'être surpris à cette besogne, qu'il couvrit de vase l'indiscret de la tête aux pieds?.

À un lavoir près d'Oberbronn, en Alsace, une dame blanche se montrait depuis un temps immémorial, aux lavandières qui y allaient la nuit ; elle ne regardait personne, ne parlait à personne, et s’asseyait à une place écartée pour laver des chemises, que l’on croyait être celles des trépassés. Son apparition présageait la mort d’un membre de la famille d’une des laveuses”*.

JL y a aussi des lavandières de nuit, d’un caractère très nettement malfaisant, qui ne se contentent pas d'attendre les gens près du lavoir, mais qui pénètrent dans les maisons. Une femme de Plougastel-Daoulas étant allée à la nuit close, un samedi, laver son linge, vit arriver une grande femme mince portant sur la tête un énorme paquet de draps, qui, après lui avoir reproché d’avoir pris sa place, lui dit de retourner à la maison et qu'elle ne tardera pas à lui rapporter son linge tout lavé. Revenue chez elle, la laveuse raconte son aventure à son mari, qui lui dit qu’elle a rencontré une Maouës noz ou femme de nuit; par son conseil, elle suspend le trépied à sa place, balaie la maison, met le balai la tête en bas dans un coin, se lave les pieds, en jette l'eau sur le seuil de la porte et se couche. Le fantôme ne tarde pas à arriver et à demander l'entrée de la maison; comme on ne lui répond pas, il ordonne au trépied de lui ouvrir. « Je ne puis, répond le trépied, je suis suspendu à mon clou. — Viens alors, toi, balai. — Je ne puis, on m'a mis la Lête en bas. — Viens alors, toi, eau des pieds. — Regarde-moi, je ne suis plus que quelques éclaboussures sur le seuil de la porte ». La femme de nuit s'éloigne alors en grondant*.

4. Paul Sébillot. Trad. de la Haute-Bretagne, t. 1, p. 92. 124. . 2. d.-F. Bladé. Contes de Gascogne, t. Il, p. 264.

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