FANTOMES DU BORD DE L'EAU
et sa complice reviennent, el il en sera ainsi jusqu’au jugement dernier. Bien des gens ont vu. la nuit, au-dessus de la Mare aux Messieurs en Saint-Pôtan (Côtes-du-Nord) deux grandes ombres blanches s'élancer avec rage, l’une sur l’autre, l'épée à la main, et au même moment, l’on entenud un bruit de ferraille. Ces fantômes sont ceux de deux seigneurs, qui se battirent en duel sur ses bords, et s'enferrèrent si bien qu'ils moururent de leurs blessures?
Plus nombreux sont les personnages qui se montrent, non pas audessus des eaux stagnantes, mais dans leur voisinage. Quelques-uns, bien que paraissant appartenir au monde des morts, s'y livrent à des ébats qui n'ont rien de lugubre. Sur les bords de la Mare à Cornu, à Neuville Chant d'Oisel (Seine-Inférieure) on voyait apparaître et danser les Demoiselles, c'est-à-dire les Dames blanches #. Les religieuses d’un couvent englouti viennent quelquefois, après le soleil couché, se laver dans les eaux du Puiset, puis elles dansent en se tenant par la main et vont ensuite se perdre dans les boist. On voit aux abords de la Grande Brière (Loire-[nférieure), une femme échevelée, vêtue d'unelongue robe blanche, qui s'y noya jadis*. Une jeune villageoise, à laquelle le sire du Rupt voulait faire violence, se précipita dans un étang, derrière le château de Bauffremont, et son persécuteur fit élever près de là une chapelle expialoire. Pendant ‘qu'il était en pèlerinage, un templier courtisa sa femme et lui donna rendez-vous sur le bord de l’eau, en répandant le bruit de la mort du seigneur. Plus tard celui-ci le tua et la dame de Rupt se retira dans un couvent. Qn assure qu'après sa mort, elle revenait, alternativement avec la villageoise, sur les berges de l'étang de Notre-Dame. On reconnaît facilement les deux fantômes : sous le voile de Louisette est une fille blanche comme un lis, sous celui de la dame, la figure de la damnée a la couleur rouge du manteau de son amantf.
Tous les cent et un ans, une dame se montre au bord de l'étang d'Offémont. Elle tient serrée, entre ses dents, une clé de feu. Si on pouvait la lui enlever, elle serait sauvée de la damnation”. Un revenant qui, dit-on, donne de mauvais conseils aux garçons et aux filles, hante le voisinage des Etangs Brisses. C'est un méchant moine qui, pris de vin, y fut noyé avec son âne, pour avoir voulu suivre une petite chaussée bien étroite que l’eau couvrait. L'âne n'avait point fait de