H. Bardy. Le Folk-Lore du val de Rosemont, p
mal, jamais plus on ne l'entendit braire ; mais le moine libertin fut condamné à sentir les affres de la mort et les angoisses de la dernière heure, tant qu’il y aurait une goutte d'eau dans les Etangs Brisses".
Le « conjuré, qui se faisait entendre toutes les nuits dans les marais qui avoisinent l'embouchure du Douron en Plestin était une âme en peine. Il criait, sur un ton lamentable :
Daouzek dezio Pask ha Nedelek Re C’hourmikel, ha re ann Drinded, Biskoaz hini, nhe n’am eus grét !
Les quatre-temps de Pâques et de Noël — ceux de la Saint Michel et de la Trinité, — il n y eu à pas un que j'aie observés! Quelqu'un passant par là lui répondit : Je les ai observés tous les quatre, je te fais cadeau de mes observances. — Ma bénédiction sur toi! dit l'âme calmée subitement ; désormais je suis délivrée ?.
Certains noyés n'ont point quitté les lieux où ils ont disparu sous les eaux ; mais les récits populaires ne disent pas toujours avec netteté pourquoi ils reviennent, parfois bien des années après l'évènement, Tous ceux qui ont péri dans le vaste marécage de la Grande Brière (Loire-Inférieure) errent la nuit, cherchant un chrétien qui veuille les retirer de l'eau * ; toutefois on ne sait s'ils implorent la sépulture, ou s'ils pourraient, moyennant ceftaines conditions, revenir à la vie.
Quelqueflois ces esprits, comme les âmes errantes du rivage de la mer, manifestent leur présence par des cris. Tous les soirs, des gémissements se faisaient entendre dans l'étang du Marchais, à peu de distance de la Pierre Levée de Poitiers; c'était une fée puissante, noyée il y a bien longtemps, qui demandait que l'on vienne à son secours “. Dans les Ardennes, le Bayeux, jeune homme avare que les lutins Pie-pie-van avaient attiré dans un marécage, poussait des plaintes désespérées, et criail : « Au secours ! je me noie * ! » On ne dit pas comment on aurait pu venir en aide à ces fantômes, et il est probable qu'ils n'étaient pas dans une sorte d'état de mort suspendue, comme le prêtre dont parle une légende des bords de la Rance, que j'ai donnée au chapitre des envahissements de la mer, parce que la mare de Saint- Coulman, où elle est localisée, s'est formée à la suite de l'invasion des flots. On entend, à plus de deux lieues à la ronde, une sorte de mugissement lugubre qui, dans le silence des nuits, semble sortir du fond de ses eaux. Il est appelé le Beugle, et les mères du pays, pour rappeler
. George Sand. Légendes rusliques, p. 119 et suiv.
A. Le Braz. La Légende de la Mort, t. M, p. 280.
. Henri Quilgars, in Revue des Trad. pop., t. XIV, p. 277. . Guerry, in Soc. des Antig., t. VIII, p. 458.
A. Meyrac. Trad. des Ardennes, p. 206.
Voir cette légende, t. II, p. 64.