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LES CHEVAUX NOYEURS L4l
Lorsqu'il a fait, en galopant sans bruit, le tour du village il se trouve à minuit à son point de départ, et rentre avec sa charge dans |’ voir d'où il était sorti!.
Quelquefois ces animaux ñoyeurs se font voir à une cer des eaux, de sorte qu'on ne se défie pas d'eux : à Plouguenast (Côtesdu-Nord) un cheval se présente aux enfants, s'allonge avec complaisance pour que quatre ou cinq puissent trouver place sur son échine, el va ensuite les nover dans les élangs ; à Jugon le lutin Mourioche prend aussi cette forme pour aller jeler à l'eau ceux qui ont eu l'imprudence de le prendre comme monture?. A Guernesey, des garcons en train de s'amuser trouvèrent dans une prairie un beau cheval blanc. L'un d'eux “proposa de s'en servir pour une promenade ; il monta dessus, et invita un de ses Compagnons à se meltre en croupe. On S'apercut alors qu'il y avait de la place pour ün troisième, le dos du coursier s'allongeant jusqu’à ce que toule la compagnie, au nombre d'une douzaine, sy fût assise bien à l'aise. Aussitôt le cheval s'élança avec une vitesse prodigieuse, par dessus les haies et les fossés, el finit par les déposer vers minuit dans un bourbier au milieu de la Grand'Mare. Au même instant il disparut en hennissant, sans qu'on ait jamais su ce qu’il avait pu devenir? Dans l’Albret un cheval rouge à courte queue s’allongea assez pour recevoir neuf cavaliers sur puis il partit avec la rapidité de l'éclair :
abreu-
taine distance
son dos, huit de ses cavaliers furent i s'était altaché à ses crins disparut avec lui dans une fondrière #.
Plusieurs coursiers, qui appartiennent au monde fant à celui des revenants, ne se laissent monter que par un seul cavalier. En Basse-Normandie des fantômes, généralement féminins, prenaient la forme d'une jument, qui après avoir longtemps promené celui qui l’enfourchait, fondait sous lui tout à coup, le laissant au milieu d’un élang et riant de sa mésaventure*. Dans le Bocage normand, c'était un beau cheval noir qui, après une course désordonnée, précipitait son cavalier dans un marais ou le noÿait dans un étangô. cheval Malet est un blanc coursier tout sellé et tout bridé, qui semble inviter le voyageur allardé à le monter; lorsqu'ilar
éussi à le jeter dans une rivière ou dans une mare, il reprend sa forme nalurelle, se change
astique ou
in Poitou, le
Cte de Baulaincourt, in Revue de linguistique, t. XIII, p. 265-268. Paul Sébillot. Traditions de La Haute-Bretagne, t. 1, p. 163. Edgar Mac Culloch, in Rev. des Trad. pop.,t. IV, p. 405.
Abbé L. Dardy. Anthologie de l'Albret, t. 11, p. 77-79.
- Jean Fleury. Litt. orale de la Basse-Normandie, p. 32.
- J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. 11, p chevaux en faisant un signe de croix, et en leur di monté dessus, il était impossible de descendre.