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- 397. On pouvait éviter ces sant de se ranger, mais un fois
en diable et rit aux éclats'. En Sologne, la Birette, sorte de bête dont la figure n'est pas décrite, allait rôder tous les samedis après le décours, le long de l'étang de Cormenon el présentait son dos aux passants *.
Une apparition’ fort redoutée dans le pays de Gennes (Ille-et-Vilaine) se manifeste sous une forme animale qui n'est pas celle d'un coursier. Elle se montre sur la chaussée d'un vaste élang qui se trouve tout auprès du manoir de la Motte ; une légende raconte ainsi son origine : Un des châtelains, qui était huguenot, voulut un jour s’y baigner : mais à peine eut-il quitté le bord, qu'il sefsentit enlacé par des nénuphars. Il supplia les lavandières qui étaient sur le bord de lui jeter un drap pour le tirer de l’eau. Mais, comme il était huguenot, elles le laissèrent se noyer. Son âme de mécréant fut changée en cette bête affreuse qu'on appela la Bôle de la Motte. Depuis lors, elle se tenait le soir sur la levée; si quelqu'un, à la nuit close, s'y aventurait, ilne tardait pas à entendre le bruit d'un corps lourd tombant dans l'étang ; c'était la Bêle de la Molle qui se jetait dans l’eau à son approche *.
On racontait que le diable menait boire ses loups dans un marécage profond du Berry, el qu'un chien blanc y venait aboyer chaque fois : que le mort entrait dans au village. Personne n'aimait savenlurer par là vers l'heure de minuit*.
On voit encore, près des eaux stagnantes, des animaux d'espèces variées, qui parfois étaient redoutés de tout un canton. Une chienne noire qui erre et doit errer sur le marécage près du Mont Saint-Michel de Braspartz est une fée qui, à la mort du géant Hok-Bras, s'est ainsi métamorphosée”; un chien, dont la rencontre était un sujel de crainte se montrait toutes les nuits près d'un étang de Saint-Germain des Champs. Un chien noir sans tête rôde, après le soleil couché, aux alentours d'un étang du Bourbonnais, à la recherche de ses maitres’; la nuit, une belle oie, grasse et dodue, se promeuail en se dandinant au bord de celui du Mont Botrel près de Flers. Un paysan ayant eu la mauvaise idée de l'emporter, ne parvint qu'avec peine au seuil de sa maison. Comme il allait ouvrir la porte, l'oie lui dit : « Reporte-moi où tu m'as prise» el, poussé par une force invisible, il dut refaire le chemin qu'il avait si péniblement parcouru 8. Au déchargeoir de l'Etang à la Truie de Relans, on a toujours vu une poule noire, fort grasse,
. Léo Desaivre. Le Monde fantastique, p. 16.
. Léon de Buzonnière. Les Solonais. Paris, 1840; in-8, t. 1, p. 61. . Ch. Fougères, in Annales de Bretagne, t. XI, p. 641.
. Hugues Lapaire. Le Courandier. Paris, 190%, in-18, p. 135. . Du Laurens de la Barre. Fantômes bretons, p. 301.
. Ph. Salmon. Dict. arch. de l'Yonne, p. 301.
. Francois Pérot. Légendes du Bourbonnais, p. 23.
. J. Lecœur. Esquisses du Bocage normand, t. 11, p. 398.