‹ Le folk-lore de FranceChapitre 386 sur 403 · LÉGENDES ET . CONTES · texte numérisé non relu

LÉGENDES ET . CONTES

d'animaux venir s'y abreuver. Une épidémie régnait dans tout le pays, et l'on prétendait que c'élait une punition céleste, qui ne cesserait que quand on aurait noyé dans le lac, comme victime expiatoire, un enfant innocent. Mais aucune mère ne voulait donner le sien, Il arriva qu'un

jour le plus jeune fils d'un châtelain du voisinage jouail sur la pelouse

du jardin, surveillé par sa gouvernante. Celle-ci perdit un instant l'enfant dé vue ; un énorme bélier se précipita sur le bébé qu'il enleva sur ses cornes et qu'il laissa tomber, dans sa course, au fond du lac Blanc. Aussitôt le lieu cessa d'être maudit. L'eau du lac redevint claire comme du cristal, ses bords se couvrirent d'une végétalion vigoureuse,’ el les maladies disparurent du pays! ;

Des traditions du littoral parlent de bateaux qui transportent les moris, ou qui sont montés par des êtres malfaisants ou fantastiques. Voici le seul récit de ce genre qui soit en relation avec les eaux dormantes. Dans les marais du Poitou, on croyait à l'apparition d’une barque mystérieuse qui s'appelait la niole (nacelle) blanche, ou la niole d'angoisse. Elle passait dans les canaux qui divisent les marais, couverte d’un drap blanc posé comme un drap morluaire ; à l'arrière se tenait un fantôme appelé le tousseux jaune, sorte de personnification de la fièvre des marais. Comme le conducteur du chariot de la mort, le tousseux disait à ceux qu'il rencontrait : « Tourne ou je te retourne », Celui qui l'apercevait était certain de mourir dans l'année ?.

Le rôle des eaux stagnantes dans les contes proprement dits est peu considérable : plusieurs sont localisés sur leurs bords, sans que celte circonstance soit clairement motivée.

Dans la plupart des versions du conte très répandu, où le coq, volé par le roi ou par un seigneur, se met en route pour se faire reslituer son argent, il rencontre divers personnages auxquels il demande de se mettre sous son aile ou dans son derrière; un récit de la Grande Lande substitue à la rivière une lagune, à laquelle le coq, après un dialogue avec elle, persuade de s enfoncer dans son ventre ; lorsque mis dans un fourilest sur le point d’être brülé, elle sort de son derrière, éteint le brasier, puis s'en retourne d'elle-même au lieu où elle a été prise® ; dans un conte gascon, l'affabulation est la même ; la lagune est une flaque d'eau, qui cause aussi avec le coq’.

Il est quelques autres récits, parallèles à ceux qui s'atlachent aux rivières, où se rencontrent quelques traits intéressants. Dans le conte litléraire de l'Oranger el l'Abeille, une princesse captive des ogres

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