‹ Le folk-lore de FranceChapitre 39 sur 403 · L.-F. Sauvé, in Mélusine, t. Il, col · texte numérisé non relu

L.-F. Sauvé, in Mélusine, t. Il, col

&. À, Le Braz, La Légende de la Mort, t. II, p. 40-41.

5. Les bateaux dans le Raz-de-Sein naviguent au-dessus d’Is et de ses habitants noyés comme au-dessus d'un cimetière. (H. Le Carguet, in Rev. des Trad. pop,. t VI, p. 655).

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Trente évêques la desservent, et quand ils disent la messe, on entend distinctement le son des cloches sous la mer !.

Dans ce récit, comme dans deux versions rapportées ci-dessus, les évêques ou les prêtres d'Is célèbrent sous les flots une messe qui présente des analogies avec celle que, sur terre, des prêtres fantômes sont condamnés à revenir dire dans des églises, parfois en présence d’une nombreuse assemblée de trépassés. Or aucun d'eux ne peut répondre cette messe, et le prêtre n'est relevé de sa pénitence que orsqu'un vivant, qui seul a qualité pour lui donner la réplique, à eu le courage de lui rendre ce charitable service. Dans cette conception, qui n'est pas indiquée avec une grande netteté, la ville engloulie est une cité où les morts restent jusqu'à la fin des temps, dans un état qui n'est pas tout à fait la mort réelle, mais une période de transition entre une vie en quelque sorte suspendue et la mort définilive. Une autre idée, chère au patriotisme des Bretons, et qui est plus répandue,

Jeur fait espérer une résurrection totale de la superbe cité d'Is, égale

au moins à Paris, qui gît sous les flots, dans une sorte de catalepsie enchantée. On disait même au commencement du xix° siècle que celui qui aurait le bonheur d’apercevoir le premier sa tour deviendrait souverain de la ville et de tout son territoire ?. D'après une note, sans indication de provenance locale, cette royauté est promise à celui qui verra alors la flèche ou qui entendra le son des cloches de la Ker-Is ressuscitée ?,

D'autres légendes, assez frustes, apparentées à celle d'Is, ont été recueillies sur la côte bretonne, entre Douarnenez et l'embouchure de la Loire. On raconte à Quiberon que la ville d'Aise, nom qui est une déformation d'Is, se trouvait sur le plateau des Bervideaux, à l'Ouest et à dix kilomètres de Port-Blanc, aujourd'hui couvert de trois mètres d’eau par les plus basses marées. Les habitants venaient à la messe, à Kermorvan, dans la presqu'ile, montés sur des ânes, en passant sur une chaussée de galets. Dans quelques villages du Morbihan, on dit encore en proverbe, pour désigner un homme robuste : Fort comme un gars de Berbido “.

Suivant une tradition des environs de Lorient, les rochers « les Errants » situés à l'entrée de la rade, étaient autrefois réunis à la pointe de Gâvre par une langue de terre sur laquelle s'élevaient quelques maisons et une église. Le village fut englouti sous les flots,

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