À Le Braz. La Légende de la Mort, t. Il, p. #1. î
4. 2. Le Rouzic, in Revue des Trad. pop., t. XVI, p. 142 ; L.-F. Sauvé, in Mélusine, t. II, col. 332.
et tous les ans à la Chandeleur, les femmes qui y habitaient au moment de la catastrophe revenaient à Port-Louis vendre des chandelles de résine !.
Entre la pointe de Castelli, l'embouchure de la Vilaine et l’île Dumet, une ville fut jadis submergée dans des circonstances analogues à celles qui amenèrent la destruction d'Is?. Les pêcheurs de la Turballe racontent qu’une ville, plus grande que Paris, existait à Branda, à peu de distance de leur port, el ils montrent, à des endroits que l’eau recouvre, des écueils qui sont le clocher de l’église et les murs de la cité ; l'ancien Piriac est sous les eaux, mais ruiné ; seul le tombeau du roi Salomon a été épargné, et il est gardé par une armée de Korrigans#,
Des légendes, plus rares sur le littoral breton que sur celui de la Manche française, parlent d’autres envahissements où la mer fait disparaitre, non plus seulement une cité, mais tout un pays: une contrée fertile et peuplée fut submergée à cause de la corruption de ses habitants, et on voit encore les débris de leurs maisons entre la terte ferme et l'archipel des Glénans *. Le château de Trémazan, bâti à sept lieues du rivage, n'en est plus aujourd’hui qu’à sept cents pas ÿ. La mer n'a pas au reste achevé son œuvre de destruction, et plusieurs cités sont menacées d'une catastrophe analogue à celle de Keris. C'était pour la conjurer qu’une bougie brülait jour et nuit à Notre-Dame de Guéodet de Quimper, et l’on crogait au xvin* siècle, que si elle venait à s'éteindre, la ville disparaitrait sous les eaux°. Elle a cessé d'être allumée en 1793, sans amener l’événement redouté ; mais Quimper est toujours en danger : la ville repose sur trois piliers de sureau ; quand ils viendront à manquer, elle sera submergée ?. Cette croyance semble se rattacher à celle d’après laquelle la Bretagne est sur une mer intérieure (cf., T. 1, p. 417).
Les vieux marins de Locmariaquer prédisent que leur pays sera un jour sous les eaux *, et un dicton assure que « Qui vivrait assez vieux, verrait faire de Plogoff une île ». Un autre annonce la ruine de trois villes bretonnes :
. Paul Diverrès, in Rev. des Trad. pop., t. XIX, p. 20.
. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t. 1, p. 301.
. Henri Quilgars, in Revue des Trad. pop., t. XIV, p. 614.
. Comm. de feu L.-F. Sauvé.
. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t. I, p. 305.
. Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 331.
. Paul Sébillot, 1. c., p. 305.
. Société polymathique du Morbihan, 1867, p. 29 ; cf. aussi la légende de l'enfant que l’on doit sacrifier à la mer pour empêcher le pays de Vannes d'être submergé (H. Le Norcy, in Rev. des Trad. pop.,t. XVIII, p. 20).
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Brest périra submergé, Morlaix incendié, Saint-Pol ensablé ‘.
On a vu, p. 54, que si la ville d’Is reparaissait au jour, la France changerait de capitale ; suivant un dire populaire :
Quand des flots Is émergera, Paris submergé sera*.
À Ouessant, on croit que cette île partagera le sort de la capitale de la France, et dans le même moment ; la tradition ajoute que Brest et Quimper, lors du même événement, disparaîtront sous les flots ; elle est conslatée par ce proverbe :
Quand la ville d'Is des flots sortira,
Brest ainsi qu'Ouessant s’abimera, Et Quimper submergé sera.
Sur le littoral de la Manche, aujourd'hui de langue française, mais où un dialecte celtique a été parlé jusque vers le dixième siècle, les légendes des envahissements de la mer sont aussi nombreuses qu’en pays bretonnant : elles ne parlent pas seulement de villes englouties dans des circonstances qui rappellent la submersion d'Is ; mais aussi de vastes étendues de terrain que les flots sont venus recouvrir. Là aussi les récits populaires ont comme point de départ des faits réels. De la presqu’ile du Cotentin à la baie de Saint-Brieuc, le rivage a subi, à diverses époques, lointaines déjà, mais pourtant historiques, de profondes modifications. Le souvenir en est resté vivant sur nombre de points de cette longue étendue de côtes. Au cap Fréhel, on conserve la tradition du temps où l’Amas du Cap, ilot maintenant en pleine mer, et le rocher du Jars se touchaient : alors toute cette falaise abrupte et dénudée était habitée et cultivée : on montre sur un rocher l'empreinte d’une charrue qui y a passé autrefois. Pour se rendre à leur demeure les habitants prenaient un sentier qu'on appelle Sous la Rue. Ailleurs on prétend qu'une grande route allait du cap Fréhel à Avranches, en suivant un tracé au-dessus duquel peuvent aujourd’hui naviguer les plus gros vaisseaux *.
Des récits en assez grand nombre parlent de forêts qui occupaient
. Paul Sébillot, Légendes de la Mer, t. I, p. 303, 304. . L.-F. Sauvé. Lavarou Koz, p. 165.
. Paul Sébillot, 1. c., p. 304.
. Paul Sébillot, 1. c., t. 1, p. 234, 301, 306.
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autrefois le pays que recouvre maintenant la mer; parfois, surtout aux grandes marées d'équinoxe, on en voit des vestiges au milieu des sables qu'elles mettent au jour. À Saint-Briac (Ille-et-Vilaine), le Juif Érrant, qui y passa naguère, dit à plusieurs personnes que, lors de sa précédente visite, plus de mille ans auparavant, on y voyait une immense forêt. À Châteauneuf, sur l'autre rive de la Rance, le même personnage parla de celle qui s'étendait aussi dans ces parages et qui fut engloutie, parce que le gouvernement d'alors, pour délivrer le pays des animaux féroces et des brigands qui l'habitaient, fit couper la digue qui la bordait du côté de la mer. On raconte à Lancieux qu’il y a bien longtemps, tout l'espace compris entre les Ebihens et l'île Agot vers le nord, et les mielles de Lancieux vers le sud, était occupé par une forêt qui s'appelait le Bois-Talard. Le sol en était plus bas que le niveau de la mer; mais il y avait des Ebihens à l'île Agot, une bande de terrain plus élevée, qui formait comme une digue naturelle. La forêt était remplie de bêtes féroces qui ravageaient tout, et l'on ne savait comment s’en débarrasser. On fit une coupure dans la digue, à l’endroit où est maintenant la Passe Charlemagne. La mer s’y précipita, inonda le pays, et noya presque tous les fauves. Mais on essaya en vain de fermer le passage qu'on avait ouvert. L'eau continua d'aller et de venir, agrandissant l'ouverture et rongeant la terre el les rochers. C'est alors qu'elle forma les Ebihens, les rochers des Portes, l'Islet de Saint-Briac et celui de Lancieux.
Une autre rupture de digue causa la ruine d'une ville appelée Is, qui se trouvait entre Cézambre et Saint-Malo. Une digue la protégeait contre laïmer, qui bordait le pays où est maintenant le bourg de Corseul ; elle longeait la forêt de Siscey dans presque toute sa longueur, puis tournait un peu à gauche pour aboutir au rivage de Corseul. Il y avait entre elle et la forêt un bras de mer qui formait comme un canal assez large, et ceux qui allaient d'une ville à l’autre en passant sur cette digue, bordée de chaque côté par l’eau, n'avaient rien à craindre des bêtes féroces, fort nombreuses dans la forêt. Les habitants de Corseul, qui étaient soumis au roi d’Is, se révoltèrent contre lui. Ils massacrèrent même ses officiers venus pour les faire rentrer dans le devoir, puis, lorsqu'ils surent que le roi s'apprêétait à venger leur mort, ils firent une trouée dans la digue ; la mer s'y engouffra, emporta la levée, submergea la ville en faisant périr presque tous ses habitants et détruisit la forêt. On voit encore, dit-on, au large des Ebihens et de l'Ile Agot, lorsque l’eau est claire, les ruines de la digue. Mais la mer
4. Paul Sébillot. Tradilions de la Haute-Bretagne, t. 1, p. 364; Légendes de la Mer, t. 1, p. 306.
ayant gagné d'un côté par cet envahissement, fut obligée de perdre de l'autre ; c'est depuis cette époque que Corseul n'est plus baigné par la mer qui ne va plus aujourd'hui que jusqu’au Guildo !.
De nombreux débris, bien connus des archéologues, attestent qu'une ville importante s'élevait non loin de l'emplacement actuel de Corseul : le bourg est à 80 mètres au-dessus du niveau de la mer, et les cotes les plus basses de celte commune sont supérieures à 30 mètres: Corseul port de mer ne peut appartenir qu'à la légende: pour la cité entre Saint-Malo et Cézambre, son existence est moins problématique, surtout si l'on admet, avec quelques auteurs, qu'à l'île Harbour se trouvait le havre d’Aleth. Il est vraisemblable que le nom d'Is donné à cette ville est tout moderne, et qu'il lui a été arbitrairement attribué par des marins qui avaient entendu parler de la capitale fabuleuse du roi Grallon.
Dans presque toules ces légendes, les irruptions de la mer sont causées par des ruptures de digues, pratiquées volontairement ; mais dont les auteurs ne semblaient pas avoir prévu les conséquences. Je ne connais aucun fait historique dont la tradition ait pu s'inspirer, même en le déformant. Mais il existe, du Couesnon à la baie de Cancale, sur une étendue de 36 kilomètres, des digues élevées pour reprendre à la mer des terrains envahis par elle. Peut-être, antérieurement à l'époque où elles ont été entreprises, s'est-il produit des ruptures dans d'autres levées destinées à protéger contre les flots des terrains peu élevés audessus d'eux. Quant à la digue bordée sur ses deux côtés par les eaux, elle a pu être suggérée aux conteurs par le Sillon de Saint-Malo, qui Jadis présentait cette particularité.
Bien que l'épisode final du récit qui suit rappelle l'acte coupable de Dahut, je ne pense pas qu'il ait été emprunté à la fable d'Is, mais qu'il fait partie d'une légende parallèle. Les pêcheurs de Cancale disent que lorsque la mer est belle et claire, on voit entte le Mont Saint-Michel et les îles Chausey, des débris de murailles, qui sont les restes d’une ville disparue. D'après les vieux marins de Saint-Malo, elle s'appelait Chausey et elle était bâtie sur trois cents collines, devenues trois cents récifs. Aux marées d'équinoxe on peut apercevoir les toits de ses maisons, et les clochers de ses églises?. Voici, suivant les Cancalais, comment elle fut submergée : autrefois la Manche n'était pas aussi grande que maintenant ; l'on pouvait aller à Jersey sans rencontrer d'autre obstacle qu'un ruisseau d'une faible largeur. Pourtant il y avait une anse qui s'avançait dans les terres du côté de Granville, Le roi de
1. F. Marquer, in Revue des Trad. pop., t. VIX, p. 213. D'après la croyance populaire, quand la mer avance d’un côté, elle recule nécessairement sur un autre. 2. Eugène Herpin. La cathédrale de Saint-Malo, p. 59.
ce pays avait fait construire une digue qui en barrait le fond, et son château s'abritait derrière elle. Cette digue était fermée par une porte qui donnait dans le château même et le roi en gardait soigneusement la clé. Il avait une fille, mariée à un seigneur du voisinage, et celuici voulait détrôner son beau-père. Il engagea sa femme à prendre les clés, afin que la mer noyât le château et le roi, et ils avaient préparé une barque pour s'échapper au moment de l'irruption des eaux. La princesse fit boire à son père une infusion d'herbes narcotiques, et, à minuit, elle et son mari ouvrirent les portes. Alors les flots entrèrent ; mais leur fureur était si grande qu'ils noyèrent le seigneur et sa femme et submergèrent le pays environnant ‘.
Des villes perverses ou des forêts disparaissent aussi sous la mer à la suite d’une malédiction : ce thème était connu dès le moyen âge sur les côtes de la Manche. Un passage du Roman d'Aquin, dont la composition primitive paraît remonter au XIV° siècle, parle d'une ville, ignorée. de la légende contemporaine, qui, maudite par son roi, fut aussitôt submergée. Elle se trouvait précisément aux environs de Saint- Malo, à peu de distance de la mare de Saint-Coulman, dont il sera
question plus loin.
Gardayne la mirable cité Qui est assise sur un fleuve desrivé.
Bidan a nom celle (esve) en ceul régné ; Jouste la ville avoit ung grant foussé, Jusqu'à la mer est fait et compassé, Plus de XX piez et la dousve de lé Et bien LX de hautour et d’esté, Ly roys a moult Damme Dieu réclamé, Par moult grand ire a maudit la cité.
Tantost fist (il) un si (très) grant oré De vent, de pluye, et de (grant) tempesté ; Ly air espart, moult forment a trouvé, A mesnuit, quand le coq a chanté, De maintenant tribucha la cité, Les fortelessez, la mer et le fousé ; La mer salée essaut par le régné, Et est issue de son mestre chané Jusqu'au Terren, bien six leuez de lé, Et deux de long, ce dit (l’en) de verté *.
A Erquy, dont la rade occupe l’emplacement d'une grande forêt envahie par la mer, plusieurs traditions racontent qu'il s'y trouvait aussi une cité qui fut noyée à cause de la corruption de ses habitants ; la plus ancienne dit simplement que le ciel la fit disparaître en ordonnant à la mer de monter plus haut que d’habitude ?. Suivant d'autres,
1. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, t.T, p. 300. 2. Le Roman d'Aquin, v. 111 et suiv.
3; Habasque. Notions hist. sur les Côtes-du-Nord,, t. I, p. 110.
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elle s'appelait Nasado, et au lieu qui porte en effet ce nom on a trouvé des ruines gallo-romaines ; les femmes de cette ville étaient célèbres par leur beauté et par la finesse de leur peau ; on disait même que, quand elles buvaient du vin, on le voyait couler à travers leur épiderme. Les ofliciers et les soldats de la garnison, trop empressés autour d'elles, n'obéissaient plus à leurs chefs, et ceux-ci, irrités de cette indiscipline, maudirent la cité perverse, qui fut engloutie par les eaux ‘. D'après un troisième récit, Gargantua y vint avec son armée, etses soldats se laissèrent tellement séduire par les femmes de Nasado, qu'ils ne voulaient plus en partir. Le géant sortit de la ville, et ayant vainement appelé ses troupes, il maudit la cité, que la mer ensevelit sous ses ondes ?.
Dans les deux légendes qui suivent, l'impatience d'un prêtre qui, troublé pendant sa messe, prononce une malédiction, suffit pour provoquer un calaclysme, dans lequel il est lui-même enveloppé. Il y avait autrefois sur les côtes une immense forêt remplie d'oiseaux, et au milieu, à l'endroit même où s'élève le village de la Chapelle en Saint- Briac, une église où un vieil ermite célébrait chaque jour l'office. Un matin, au printemps, les oiseaux chantaient tous à la fois, et faisaient un tel vacarme, que le prêtre assourdi, s'impatienta, et s'oublia jusqu'à interrompre ses oraisons pour maudire les oiseaux et la forêt où ils abritaient leurs nids. Aussitôt il s'éleva un furieux vent du large; la mer montait et c'était un jour de grande marée : les vagues s’élancèrent à travers la forêt, renversant les arbres, la chapelle et jusqu'au vieil ermile. Quand la mer se retira, il n'y avait plus que la baie et les mielles que l’on voit aujourd'hui *. Une variante de cet épisode figure dans une très longue légende, localisée sur l'autre rive de la Rance, et que l’on peut résumer ainsi. Les habitants d'un grand village, bâti près du tombeau de Saint-Coulman, vivaient en paix, lorsque Satan obtint de Dieu la permission de les tracasser. 11 leur envoya des milliers de corbeaux qui prirent possession des arbres dont la chapelle était entourée, et assourdirent les habitants de leurs croassements. Ils les redoublaient les jours de fête, si bien que l’on n'entendait plus la parole de Dieu. Le prêtre chargea des hommes de les éloigner ; mais un jour, étourdis et fatigués, ils s'endormirent, etles corbeaux vinrent se percher sur la chapelle et les arbres du voisinage. Le prêtre, ennuyé de leur vacarme, et, emporté par la mauvaise humeur s'écria à haute voix : « Que maudils soient à jamais les corbeaux ! » A l'instant même, il
4. Elise Binard, in Revue des Trad. pop., t. XII, p. 219. 2. Paul Sébillot. Gargantua, p. 18.
3. Paul Sébillot. Traditions de la Haute-Bretagne, t. 1, p. 353.
s'éleva une grande tempête, et l'église, le village et La forêt disparurent sous les flots; à leur place est la lugubre mare de Saint-Coulman . Suivant des traditions locales, qui rappellent celles de la résurrection de la ville d'Is, le village, la chapelle et la forêt pourraient aussi revenir à leur état primitif. Un mugissement lugubre auquel on attribue plusieurs causes et qui s'entend à plusieurs lieues à la ronde, estle cri de détresse du prêtre qui remonte chaque nuit à la surface du lac, cherchant à dire les paroles sacrées que les corbeaux lui firent oublier; s'il parvenait à prononcer distinctement : Pominus vobiscum, sa punition prendrait fin et l'enchantement serait détruit?. D'après une version recueillie en 190%, postérieure de plus d'un demi-siècle à celle de M" de Cerny, ces cris sont ceux d’une ville engloutie dans la mare. Si quelqu'un avait le courage d'aller sur la rive au moment où ils se font entendre, les habitants sortiraient les bras hors de l'eau, en tendant, l’espace d'une minute, une pierre à celui qui vient les secourir. L'homme qui pourrait la prendre ferait revivre cette cité qui est la plus belle du monde et en deviendrait roi ?.
Aux environs de Saint-Brieuc, où l'on parle aussi, mais sans donner de détails, des envahissements de la mer, on dit que les herbiers qui découvrent à marée basse sont d'anciennes prairies submergées #.
Le thème, si fréquent ailleurs, des villes punies par la divinité à cause de la corruption de leurs habitants, est fort rare sur les côtes de la Manche, où il n’a été relevé que deux fois; il figure dans une des versions de la submersion d'Erquy (p.62) et dans un récit des environs de Dol. On raconte à Saint-Brolade qu’il y avait des villes florissantes sur les rivages voisins, On y dansait tous lessoirs, etils'y commettait des crimes sans nom. Un Jour les flots les détruisirent, en n'épargnant qu'une statuette de sainte Anne, pour laquelle on construisit une chapelle ; à la Révolution, les vagues, irritées des événements d'alors, brisèrent leurs digues, mais laissèrent la chapelle debout, en praliquant toutefois au-Gessous une cave énorme où l'on entend parfois des bruits souterrains de tempête ‘.