‹ Le folk-lore de FranceChapitre 49 sur 403 · Paul Sébillot. Les Travaux publics et les mines, p · texte numérisé non relu

Paul Sébillot. Les Travaux publics et les mines, p

5, A. le Braz. La Légende de la Mort, t. 11, p. 319-320.

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soufller avec tant de violence qu'il n'osa aller les chercher. Elles se noyèrent, et, depuis, quand il fail gros temps, la patache de la douane est secouée d'une façon extraordinaire : ce sont les trois mortes qui agitent la mer et reprochent aux douaniers la lâcheté dont l’un deux s’est jadis rendu coupable !. Aux ilots de Bruck et du Château près du Port- Blanc, des fantômes armés passent entre les rochers, et des trépassés viennent s’y plaindre ?. Les soirs de grand vent on entend à l'île Lern les clairons et les tambours d'un corsaire hollandais qni se perdit autrefois sur les écueils du voisinage ?. A l'ile Saint-Gildas, près du Port- Blanc, les noyés débarquent souvent, assure-t-on, pour faire provision d'eau douce. Ils cheminent silencieux, en une longue procession qu'une femme conduit. Quelquefois ils chuchottent entre eux à voix basse; mais on ne distingue de leur conversation qu’un seul mot /a ! ia ! (oui, oui)! La silhouette de leur navire s'aperçoit au loin, comme perdue dans les nuages *.

Les îlots et les rochers sont aussi fréquentés par des trépassés qui sy montrent sous forme animale : un âne rouge qui apparaissait à l'île de l'Ebihen, dans le chemin d’'Enfer, ainsi nommé à cause de son escarpement, se voyait plus souvent encore, perché entre le ciel et la mer, sur la crête dentelée des « Haches », redoutable suite d'écueils au nord de l'île. Cet âne est un marquis, ancien propriétaire de l'Ebihen, qui expie sa conduite scandaleuse dans Saint-Jacut. Sa pénitence ne finira que le jour où une pécheuse jaguine l'aura piqué jusqu'au sang avec sa faucille à lançonsÿ. Le plus habituellement ces âmes de l’autre monde ont l'apparence d'oiseaux : à la fin du XVII: siècle, on croyait aux environs de Brest que les goëlands qui volaient autour des écueils étaient des trépassés qui y avaient fait naufrage. Ils indiquaient par leurs cris le voisinage des brisants et l'approche de la tempête, et leurs présages étaient plus sûrs que ceux des meilleurs marins ; aussi élaient-ils placés sous la sauvegarde de la vénération publique ; ceux qui les tuaient étaient maudits par les oiseaux expirants et les effets de la malédiction ne se faisaient pas attendre, Il était avéré, disait-on, que le matin de la terrible catastrophe du fépublicain, le capitaine de ce vaisseau avait tiré des goëlands du haut de sa dunette®. Les pêcheurs de la baie d’Audierne assuraient que l’on voyait toujours sur un rocher éloigné du rivage les âmes du roi Grallon et de sa fille Dahut, sous la forme de deux cor-

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