‹ Le folk-lore de FranceChapitre 50 sur 403 · Eugène Herpin. La Côte d'Emeraude, p · texte numérisé non relu

Eugène Herpin. La Côte d'Emeraude, p

6. Moreau de Jonnès. Aventures de querre de la République, t. II, p. 81.

beaux qui se hâtaient de disparaître quand on s'en approchait ‘. Bien que Marchangy, l’auteur de la Gaule poëtique, soit assez sujet à caution, il est possible qu'il ait recueilli sur la côte de Genets, en face de Tombelaine, où suivant E. Le Héricher, il séjourna quelque temps, la substance de la légende qui suit : Les paysans racontent qu'une jeune fille du nom d'Hélène, n'ayant pu suivre Montgommeri, son amant, qui allait avec le duc Guillaume conquérir l'Angleterre, mourut de chagrin sur ce rivage, où elle fut ensevelie. Les pêcheurs ont observé que chaque année, le jour et l'heure où l'on dit qu'elle trépassa, quand elle eut perdu de vue, dans la vapeur de l'Océan, le vaisseau qui emportait sa vie, une colombe vient le soir sur les genêts de Tombeleine et ne s’envole que le malin, à l'aurore ?. Les oiseaux fatidiques du Phare du Jardin, dans la baie de Saint-Malo, semblent aussi représenter des Ames, et la croyance qui s'y rattache est probablement plus ancienne que cet éditice, construit seulement vers le milieu du XIX° siècle. Lorsqu'on voit des mouettes se percher sur Sa lour, on est sûr d'apprendre qu'un bateau malouin s'est perdu, et le nombre de celles qui viennent s'y reposer indique le chiffre des victimes du naufrage *.

C'est surtout dans le voisinage des rochers que les pècheurs sont exposés à rencontrer des êtres qui, sous l'apparence de poissons de forte taille, sont en réalité des incarnations du diable, ou des morts. Avant qu'on eût exorcisé celui que les gens de la baie de Sl-Malo appellent Nicole, qui est pour eux, Lantôl le démon lui-même, tantôt uu garde-pêche sévère, tantôt un méchant pêcheur qui a obtenu du diable, à son lit de mort, le pouvoir de se transformer ainsi pour tourmenter ses anciens compagnons, il se montrait aussi bien près des rochers que sur les hauts-fonds ?. Les marsouins que l'on voit vers l'embouchure de la Rance, loin d'être désagréables aux hommes, semblent, au contraire, avoir pour eux quelque äffection ; on dit que ce sont d'anciens marins qui ont péri dans des naufrages, el qui, Sous cette forme, reviennent aux lieux qui leur sont familiers. Il en est même que leurs parents ou leurs amis ont expressément reconnus. Ils ne quittent guère d'ailleurs les parages où ils exercèrent jadis leur profession ; chaque bande a son chef, que l'on désigne sous le nom du rocher qu'il préfère ; il y à la Bête à Bizeux, dans la Rance, la Bête au Décollé, la Bête aux Ebihens. S'ils jouent parfois des tours aux pêcheurs, ils ne deviennent méchants que quand on leur fait du mal.

. Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 295% E. Le Héricher. Itinéraire du Mont Saint-Michel, p. 108. 3. Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XV, p. 98. . Paul Sébillot. Légendes locales, t. 1, p. 12; F. Duine, in Rev. des Trad. pop.

t. XVI, p. 479.

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