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NOMS SINGULIERS DE ROCHERS

la Roque du Diable, etc. ! Une roche à la pointe de la Varde, dans la baie de Saint-Malo, est si fortement secouée les jours de Lempête que les marius prétendent qu’on la voit remuer; c’est pour cela qu’elle s'appelle la Tremblouse. Le nom de la Z'eignouse, la Teigneuse, est assez souvent appliqué à des rochers sur lesquels la mer se brise avec tant de violence que nulle végétation marine ne peut y pousser. A Granville, le Fainéant est un rocher qui a reçu ce nom parce qu’on ny voit pas un brin de varech?. À Basta près de Biarritz, un rocher, tellement battu par les vagues que les poissons s'en éloignent et qu'aucun des crustacés ordinaires aux parages environnants n'ont pu s'y accrocher, s'appelle le Misérable*.

D'autres noms semblent supposer des légendes ; il est probable que celle qui suit et qui explique pourquoi un rocher de la baie de Paimpol s appelle Plac’h a deiou, les Fillettes, n’est pas la seule que l’on raconte sur nos côtes. Il y avait sur l'iot de Saint-Rion, où l'on se rendait alors, à ce qu'on assure, à pied sec au moment des grandes marées, une chapelle dédiée à ce saint. Uu jour des jeunes filles de Plouézec allèrent à l'ile en partie de plaisir, pour y prendre le lait de mai. Après en avoir bu, il leur prit fantaisie de barbouiller irrévérencieusement la figure du saint. Elles reprirent le chemin de la côte; mais elles ne tardèrent pas à être cernées par la mer qui, ce jour-là, montail plus rapidement que de coutume. Elles allèrent se réfugier sur la roche la plus voisine. Mais la mer continuant de monter, elles périrent victimes de la vengeance du saint qu’elles avaient outragé. Le rocher sur lequel elles moururent et qui couvre à mi-marée a pris depuis ce temps le nom des Fillettes *.

1. Paul Sébillot. Légendes de la Mer, p. 309 et suiv.; E. Deseille. Glossaire boulonnais.

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