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LES CAPS ET LES FALAISES

Aucun récit traditionnel ne parle de la formation des grands caps ; mais l'origine de deux promontoires secondaires de la baie de Saint- Malo se lie, comme celle de plusieurs îles des environs, aux voyages de Gargantua. Il vomit la pointe de la Garde en Saint-Cast, un jour qu'au sortir d'un repas copieux il était écœuré par l'odeur des raies pourries que le vent lui apportait de Saint-Jacut, village où naguère on les mettait à sécher devant les maisons. Il éprouva encore, une autre fois, un haut-le-cœur lorsque des bateaux Jaguens, empuantis

par les débris de poisson, passèrent entre ses jambes, pendant qu'il

traversait la mer, ayant de l'eau jusqu'au genou: la pointe du Décollé

est le résultat de cette indigestion

La ceinture de la côte est constituée en plusieurs endroits par des masses de pierres presque droiles, et leurs formes sont assez régulières pour éveiller, sans grand effort d'imagination, l'idée de murailles bâties par des géants; des assises qui rappellent des maçonneries, des brèches qui trouent les massifs, complètent parfois la ressemblance, et font penser à des ruines. Pourtant, cet aspect ne parait pas, en France du moins, avoir suggéré des légends explicatives ; une seule mention, assez vague, rentre dans cet ordre d'idées : on disait à Penmarc h vers 1830, que certains rochers étaient des débris de monuments élevés par des hommes”.

Quelques particularités des falaises se rattachent à des épisodes de la légende dorée : une traînée rouge sur le flanc de celle de Lancieux est la marque du sang de saint Cieux qui y fut martyrisé *. Sur une côte peu distante, entre la pointe de La Latte en Plévenon et la rade d'Erquy, la falaise est formée de grès, dont la teinte rose ou brun

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