‹ Le folk-lore de FranceChapitre 6 sur 403 · ND · texte numérisé non relu

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nent aussi pour la mer les ondulations d’un champ de blé etse mettent à nager à travers les épis !.

La mer est l’objet d’assimilations gracieuses qui se ratlachent aussi au règne végétal. Quand elle n’est point ridée, c'est une « mer de roses » ; sur plusieurs points du littoral, on dit que le flot fleurit quand l'écume en empanache le sommet?; en Haute-Bretagne on désigne sous le nom de « mer fleurie » celle où les vagues blanchissent sans être bien fortes :

Et lorsque le vent frais sème les flots mutins

De bouquets blancs qui font songer aux aubépins, On dit à Saint-Malo que la mer « est fleurie * ».

Toute une série de surnoms de la mer est basée sur la comparaison de ses mouvements ou de ses aspects avec ceux d'animaux domestiques. Il est probable que beaucoup sont anciens, puisqu'on en rencontre des similaires en dehors de France ; mais on ne les a guère relevés autrefois, parce que l’on s'occupait rarement des choses maritimes. On sait pourtant par un passage de Noël du Fail, qu'au xvr siècle, la mer était désignée par un terme qui est encore en usage aujourd'hui; il parle des «gabeloux et sauniers du Croisil qui, après estre exenterez, estrippez, emplis de sel, et le ventre cousu, furent par la truandaille du pays, envoyez au fin fond de la grand Jument Margot, qui se bride par la queuë » *. En Poitou on nomme la mer, la grand Jument blanche” ; dans le pays de Tréguier, ar gazek gwen, la jument blanche, désigne l’état de la mer houleuse, comme le terme : ar gazek klanv, la jument enragée, usilé sur cette côte et à l’île de Batz. Dans le Trécorrois, la mer calme est: ar marc'h glas, le cheval bleu, à l'île de Batz: ar gazek c'hlaz, la jument bleue‘.

Elle a été aussi été comparée àune vache : en Haute-Bretagne, c'est la vache gare, (varia, de diverses couleurs) en raison du bleu et du blanc des vagues. Sur le littoral du Finistère, son nom de ar woch lezek, la vache à lait, se rattache à un autre ordre d'idées ; il indique les ressources, licites ou illicites, que les gens de ce pays en tirent, et qui l'ont fait appeler aussi la nourrice des gens d'Arvor.

La mer calme est l'objet d'épithètes gracieuses ; presque partout on dit qu'elle est belle; et, comme les matelots, les héros des chansons populaires parlent de la mer « jolie ». Sa tranquillité l'a fait comparer

. Henry Carnoy. Contes français, p. 301.

. Magasin pilloresque, 1814, p. 30.

. Paul Sébillot. La Mer fleurie. Paris, 1903, p. 3.

. Noël du Fail. Œuvres, éd. Assézat, t. Il, p. 116. . Léo Desaivre. Cr'oyances du Poitou, p. 22.

. Paul Sébillot., Légendes de la Mer, t. \, p. 27-28.

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