‹ Le folk-lore de FranceChapitre 60 sur 403 · Dr Viaud-Grand-Marais. Guide à Noirmoutier, p · texte numérisé non relu

Dr Viaud-Grand-Marais. Guide à Noirmoutier, p

>. Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. 9f.

. Dr Viaud-Grand-Marais, I. c. p. 124.

représente, dit-on, un évêque avec sa mitre et sa crosse, fut un prélat, et qu'il a été changé en pierre pour avoir mené une vie fort peu canonique. D’autres croient qu'il est enfoui dessous, et qu'il en sort les jours de grande marée, pour s'agenouiller auprès, suppliant Dieu d'abréger son supplice; alors, quand la vague s'approche de lui, elle adoucit toujours sa fureur ; suivant une autre version, ce roc est une fée qui, devenue folle, voulut arracher la mitre de saint Gildas pour s’en coiffer : le saint étendit la main et elle fut sur le champ métamorphosée !. Les marins qui fréquentent l'embouchure de l'Aulne donnent le nom de Moine de Landevennec à un bloc de granit qui se dresse au bord de l’eau, et qui a en effet cette forme ; c'est un religieux de l'abbaye qui, relégué dans une grotte voisine en expiation de ses désordres, fut aussi pétrifié, et gardera cetle attitude jusqu'au jugement dernier ?. À Penmarc'h un rocher fendu en deux a une légende qui rappelle celles des Sauts de la Pucelle {cf. t. I, p.371) ; le diable s'étant retiré sous forme d’ermite sur celte côte, poursuivit un Jour une jeune fille et il arriva en même temps qu'elle sur ce roc ; il était sur le point de la saisir lorsqu'elle fit un signe de croix et sauta sur l'autre bord. Le rocher se fendit en deux et le faux moine fut englouti dans les lames : son corps fut rejeté sur le rivage où il se pétrifia. On voit à quelque distance de là un rocher qui présente la silhouette d'un moine, le capuchon rabattu sur la face et les mains jointes ?.

À Guernesey on raconte plusieurs légendes sur l’origine d'un rocher anthropomorphe qui se dresse au bord de la mer, non loin du Cap de Jobourg, etque l'on appelle le Petit Bonhomme Andriou, l’Bouan Homme Andriou ou simplement Andrillot. Suivant l’une il cherchail un trésor caché parmi les rochers des Tas de Pois. lorsque le génie qui en avait la garde le changea en pierre. D'autres disent que c'était le dernier Druide qui ait lutté contre le christianisme ; mécontent de l'aposlasie de ses frères, il vint vivre dans une caverne de la pointe de Jobourg, et son occupation favorite était de regarder la mer. Un jour, voyant un navire en danger au milieu d'une violente tempête, il pria ses dieux d'arrêter l'ouragan et de sauver le vaisseau. Ils ne tinrent pas compte de ses prières et le navire s’approchait de plus en plus des récifs. Désespéré, il promit au dieu des Chrétiens de se convertir et d'élever une chapelle à la Vierge si le navire était sauvé. La tempête s'apaisa aussitôt et le vaisseau put entrer dans le port. Andrillot accomplit sa promesse.

1. Lucie de V.-H., in Revue des Trad. pop., t. XIV, p. 280 ; G. Le Calvez, tbid., t II, D. 367:

2. Max Radiguet. À (ravers la Bretagne, p. 30 ; Levot. Excursions dans la rade de Brest.

Page 1