B. Jollivet. Les Côles-du-Nord, t. IV, p
avoir servi à amarrer le bateau du saint quand il débarqua sur cetle eÔte!:
Les empreintes légendaires semblent rares Sur les falaises et sur les rochers qui y tiennent, alors que dans l'intérieur des terres on Îles a relevées par centaines. En raison de leur petit nombre el des ressemblances que leurs traditions présentent avec celles de l’intérieur, je Les ai données au chapitre du t. I® qui traite des empreintes.
On racontait au moyen àge une légende qui rentre daus la catégorie, fréquente surterre, dessauts accom plis par bravade, etq ui était peut-être attestée par une dépression. Dans un certain endroit de Normandie est un lieu appelé le Saut Gautier, parce qu'un insensé appelé Gautier S y précipita du haut d’un rocher dans la mer, pour montrer à celle quil aimait, que son affection était si grande pour elle qu'il ne reculail devant aucun danger. De son côté elle avait promis de le suivre partout; mais lorsqu'elle le vit se noyer, elle ne tint pas Sa parole, el peu après se maria à un autre *.
[l ne semble pas que l'on donne en France à des cavités, généralement d'assez grandes dimensions, de forme ronde, ou oblongue,
que l'on voit sur les rochers, le‘nom de Marmites des géants par lequel
elles sont désignées en Scandinavie, ou quelque nom similaire ; cependant à Pontaven on appelait le bain de pied de Gargantua un trou arrondi, profond d'un mètre et large d'autant, que l'on remarquait sur un gros bloc avant la construclion du nouveau quai *. Deux baignoires naturelles dans les rochers de la pelite ile de Lihou, produites par le frottement des cailloux ronds rouiés par la marée, avaient autrefois servi aux ablutions des nonnes du prieuré de Lihou*; près de Plaçamen, sur la côte de Clohars (Finistère), une sorte de bassin avait été creusé par les fées que l'on voyait s'y baigner à l'aurore. Les sirènes venaient aussi de bien loin s'y ébattre au soleil °.
Je ne connais pas de rocher auquel on altribue, comme sur la terre ferme, un role fatidique qui se lie à un calaclysme futur ; on peul toutefois citer, dans un ordre d'idées voisin, une croix de granit sur la lieue de Grève, entre Saint-Michel en Grève el Plestin, dont le socle est enfoncé dans le sable : elle avance vers la côte d'un pied tous les cent ans, et elle a déjà fait un grand trajel. Quand elle aura franchi le pelit quart de lieue qui la sépare encore du rivage, la fin du monde arrivera.
1. P. Bézier. Inventaire des Mégalithes de l'Ille-et-Vilaine, p. 10-71. 2. Jacques de Vitry. Erempla, éd. Crane, p. 89.