Lucie de V.-H., in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p
qu'il se présente à la caverne, étant à jeun, le jour de la Pentecôte, à l'heure de minuit, et qu'il échappe à un enchanteur qui doit se montrer à lui sous la forme d’un dragon qui vomit des flammes".
En dehors de la Bretagne, des îles de la Manche et du Cotentin, on n’a relevé, à ma connaissance, qu'une seule légende qui associe les fées ou leurs congénères aux cavernes du littoral. La Grotte aux Fées est une sorte de grande excavation dans les rochers au bas de la montagne d'Hyères; des fées de la mer, d'autres disent des sirènes, l'habitent, et un génie bienfaisant les y tient enfermées pour les empêcher de nuire aux marins. Elles n’en sortent pas, mais parfois elles chantent, et leur chant est si doux et si mélodieux que, pour mieux les entendre, les matelots oublient de s'orienter; c'est pour cela qu'il y a tant de naufrages aux abords des îles d'Hyères”*.
On rencontre sur l'Océan, entre la Loire et la Vilaine, un groupe de cavernes, moins bien enquêtées que celles de la Manche, mais dont les noms supposent des légendes; quelques-unes ont d'ailleurs été recueillies. Certaines de ces excavations se prolongent aussi fort loin sous les terres : La grotte du Chat à Piriac s'appelle ainsi parce qu’un chat qui y avait éte jeté et ne pouvait en sortir à Cause de la mer qui en fermait l'entrée, reparut près d’un village, à près d'une lieue de 15. Un souterrain qui partait d’une grotte de Batz allait jusqu’à Guérande. Ces cavernes n'étaient pas la résidence des fées, mais celle de petits êtres apparentés aux Fions et aux Jetins de la Manche. Une grotte près du Croisic, dont la mer ne cesse de baigner l'entrée, se nomme, disait Richer en 1823, le Trou du Kourican : elle était, assure-t-0on, habitée autrefois par des pygmées; la plus grande partie des grottes de Painchâteau a servi d'habitation à ces petits hommes, el c'est une opinion vulgaire reçue dans le pays qu'il a existé jadis sur la côte une tribu de nains appelés Kouricans, qui faisaient leur demeure dans des rochers*. Ce nom de Kourican n'est qu'une forme dialectale de Korrigan, terme qui désigne, outre des nains terrestres, de mystérieux petits personnages qui habitaient aussi des cavernes à l'extrémité du Finistère et sur le littoral de la partie bretonnante des Côtes-du-Nord. Des Kourigans qui résidaient dans une des grotte de Batz, passaient pour fort riches : un homme qui voulait prendre une partie de leurs trésors S'y rendit à minuit, mais ébloui par l'or, il s'attarda tellement que les nains