L. Kerardven. Guionvac'h, p
3. Paul Sébillot. Légendes de la mer,t. I, p. 241 ; Elvire de Cerny. Saint-Suliac, SA
4, Paul Sébillot, 1. c., p. 237.
de crosse à l'animal qui se tordit, fit quelques mouvements convulsifs et s’incrusta dans un bloc de granit, où on a pu le voir jusqu’au commencement du XIX* siècle. Suivant un autre récit, le monstre élant sorti de son antre, saint Germain lui passa son étole au cou et l'étrangla ‘.
Le nom de plusieurs grottes semble supposer qu'elle sont en relation avec les puissances infernales. Près du cap Fréhel, le Trou d’Enfer, qui porte aussi l’ancien nom celtique de Tout lfern, est un long couloir, s’avançant au loin dans les terres, et, qui maintenant n'a plus de voûte ; il est la résidence d’un diable qui en sort pour aller à la recherche des marins noyés en état de péché mortel?.
A Carteret (Manche) les vieilles racontaient que Satan s'était battu avec saint Georges dans une caverne appelée le Tombeau du diable ; le grand saint l'avait terrassé sous son cheval de guerre, et l'avait atteint d’une blessure qui le cloua contre un de ces rocs. Ceux qui racontaient ces choses montraient à leurs enfants des marbrures rougeâtres qui sillonnaient la pierre bleue,comme une incrustation du sang du démon*. Le diable fréquentait une autre grotte normande : celui qui s’aventure dans le Trou Baligan, qui s'étend, dit-on, jusque sous l’église de Flamanville, y trouve une table magnifiquement servie, mais s’il a le malheur de s’y asseoir, le diable survient et l'enlève *.
Des traditions que l’on rencontre sur la côte sud du Finistère et à Nice, mais qui paraissent inconnues ailleurs, racontent que certaines cavernes étaient hantées par des revenants et des âmes en peine, Quand il y à des naufrages dans la baie de Douarnenez, la mer transporte les noyés dans la grotte de l’Autel, près de Morgate. Leurs âmes y séjournent pendant huit jours avant de partir pour l'autre monde. Gelui qui troublerait leur solitude en s’aventurant dans cette grotte durant cette période y périrait de male mort°. A Nice, derrière le Château anglais, se trouve la batterie des Sabatiés, qui a remplacé l'ancien barri dei Sabatie, défendu au moyen âge par la corporation des cordonniers. Au-dessous, la mer a creusé les grottes des Sabatiés, où l'onde réveille sans cesse des échos qui se fondent en un bruit sourd. Les marins disent que ce sont les revenants, compagnons de saint Crépin, qui continuent à battre des semelles revenantes*.
Il est assez rare que les grottes maritimes passent, comme la plupart
À, Jean Fleury. Litt. orale de la Basse-Normandie, p. 16-18; Soc. arch. d'Avranches, t. V. (1882), p. 155.
. Francois Marquer, in Revue des Trad. pop., t. XII, p. 357. . Barbey d'Aurevilly. Une vieille maîlresse, p. 319. . Société arch. d'Avranches, t. V. p. 155.
. A. Le Braz. La Légende de la Mort, t. II, p. 1. . Négrin. Guide de Nice, p. 187.