Paul Sébillot. Contes, t. 11, p
2. G. Le Calvez, in Rev. des Trad. pop., t. 1, p. 366-367. 3. Edgar Mac Culloch. Guernsey Folk-Lore, D210;
LES FÜES DE LA GRÈVE 133 et d'emporter ses trésors, celle-ci, voyant que les jeunes filles étaient | genlilles et paraissaient douces, replia ses deux nappes sur toutes les belles choses qui étaient dessus, et leur en donna à chacune une, en leur recommandant de ne regarder ce qu'il y avait dedans que lorsqu'elles seraient arrivées à la maison, devant leurs parents. L'une d'elles ne put résister à la tentalion, et, ayant déplié le linceul, elle n'y trouva que du crottin de cheval. L'autre alla Jusqu'au logis, tout d'une traite, et elle n’ouvrit sa nappe que sous les yeux de ses parents: elle contenait des pierres précieuses, des perles lines, de l'or et de beaux tissus. La famille devint riche, et l’on pré bien qu'il y ait longtemps de cela, € trésor de la Morganet,
Dans le pays de Tréguier, des fées malveillantes ceux qui s’aventuraient la nuit sur la grève. Les paludiers de Crec'h Morvan, jaloux des sauniers de Buguelès dont le sel était de meilleure qualité, offrirent de payer à la Vieille Fée de Grwagez un boisseau de sel par jour, à la condition qu'elle contrarierait leurs rivaux ; l’une de ses CoMmpagnes allait se poster sur la route tracée à travers la grève, et remplie de crevasses et de fondrières, par laquelle les gens de Buguelès transportaient leur sel la nuit; elle leur cachait les endroits dangereux et les précipices au fond desquels ils allaient souvent rouler avec leur | charge. Comme ils disparaissaient l'un après l’autre et que le sel n'arrivait plus guère qu’en petite quantité à la sécherie de saint Nicolas,
le saint leur dit que sans doute le diable les punissait d'avoir fraudé, et il les menaça de faire venir son sel de Crec'h Morvan. Une nuit, au lieu d'envoyer les hommes comme d'ordinaire, par des femmes, qui se mirent à marcher à la lile. À peine avaient-elles fait quelques pas, lorsque celle qui était devant Lomba dans une fondrière, Mais ses compagnes, au lieu de l'en retirer, lui jetèr
ent de grosses pierres, el continuant leur route, arrivèrent sans encombre dans l'île. Le lendemain elles furent bien étonnées de voir à son travail celle qu'elles croyaient avoir tuée. On la questionna, el elle répondit qu’elle n'avait pas bougé de chez elle. La nuil Suivante, on trouva dans la fondrière, sur le tas de pierres, des habits de femme que l’on reconnut pour appartenir à l'une des mauvaises fées de Grwagez; c'était en effet lune de celles-ci qui élait tombée dans la fondrière, en essayant d'y atlirer les paludières. Depuis, tous les ans, les sauniers, pour Conjurer le sorl, jelaient dans ce trou des vêtements de femme avec une hotte de Ë sel.
tend qu'il existe encore, hez ses descendants, des restes du
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{. F.-M. Luzel, in Revue de F p- 269-272.