‹ Le folk-lore de FranceChapitre 91 sur 403 · PRET PERU FRERE ON EURE · texte numérisé non relu

PRET PERU FRERE ON EURE

Ceux qui s’approchent trop des endroits dangereux, ou qui, au crépuscule ou à la nuit close, se trouvent seuls sur les grèves, sont exposés à y rencontrer d'autres êtres fantastiques el méchants. Ils sont particulièrement redoutables pour les enfants, el les récits où ils figurent semblent avoir été imaginés, ou conservés, pour les rendre prudents et les empêcher de s’écarter des villages. Vers le commencement du XIX° siècle on croyait encore, dans la région de l'Aude, à l'ome pelut, l'homme velu, qui se tenait sur les bords du fleuve et sur les rivages de la mer.Chaque localité avait le sien, qui emportait dans sa barque les habitants, el surtout les petits enfants, qui s’aventuraient trop près de sa demeure; il les emmenait au loin pour les vendre comme esclaves. Cette dernière circonstance se lie peut-être à un souvenir coafus des incursions fréquentes des pirates barbaresques sur les bords de la Méditerranée".

Sur la côte dieppoise, on connaissait une sorte de lutin qu'on appelait le Petit homme rouge, et qui était peut-être le même que le Nain rouge des falaises, auquel les pêcheurs s’adressaient pour qu'il gardàt leurs filets?. Vers 1830, les vieilles femmes du Pollet racontaient à leurs petits-fils une de ses apparitions : comme il passait un jour sur le rivage alors que beaucoup d'enfants y jouaient, ils se moquèrent de lui; mais le pelit homme se fàcha, ramassa des pierres el se mit à les leur jeter. Il était tout seul, et cependant elles pleuvaient comme si cent bras les eussent lancées. Les enfants, effrayés, allèrent d’abord se réfugier dans le bateau d’un pêcheur; mais le nain les suivit et continua de les bombarder, si bien que, pour se mettre à l'abri, ils descendirent à fond de cale et y demeurèrent cachés. Cependant ils entendirent les pierres résonner sur le pont pendant plus d’une heure. À la fin tout parut tranquille, et il virent que le petit homme avait disparu ; quant aux pierres, il u’en restait pas une seule sur le pont?. Aux environs de Saint-Malo, les mères, pour détourner leurs enfants d'aller le soir au bord de l’eau, leur parlent de plusieurs personnages terribles qu'ils sont alors exposés à rencontrer: Gros-Jean gueltait ceux qui s’attardaient seuls sur le rivage, pour les emporter dans un lonneau où il les tenait enfermés, ne leur donnant à manger que des ribères (fucus) avec de l'eau salée pour toute boisson. Nicole, le lutin protéiforme, qui jouait tant de tours aux marins, même en pleine mer, enlevait les petits pêcheurs qu’il voyait dans le havre à la chute du jour. Une sorte de bête, assez mal définie, appelée, on ne sait pourquoi, Saint-Nicolas,

1. Gaston Jourdanne, in Rev. des Trad. pop., t. XVI, p. #21. 2. Amélie Bosquet. La Normandie romanesque, p. 136. 3. Amélie Bosquet, L. c., d'après Shoberl. Excursions in Normandy, t. 1, p. 259,

RTS SO PPENTPRRERENT ANNEES IE CREME IE RER STE SP DSP T P PET TNT

Page 1