‹ Le folk-lore de la Beauce et du PercheChapitre 4 sur 31 · X... est mon nom · texte numérisé non relu

X... est mon nom

Pour montrer à un camarade où les bergers mettent leur beurre, l'enfant lui prend la tète avec les mains et appuie fortement ses pouces derrière les oreilles.

Pour lui faire voir son grand-père^ il le suspend par la tête, les mains serrées contre les oreilles.

Pour lui faire boire la goutte, il lui presse fortement le nez avec le pouce.

Pour lui faire des manchettes, il lui serre fortement les poignets entre deux doigts.

Si les enfants s'emparent d'une coccinelle (appelée fc^7^ à bon Dieti), ils la déposent sur une branche pour qu'elle s'envole ; elle devient alors un ange et garde leur place en paradis.

Par contre, ils martyrisent sans pitié les mouches, les hannetons, etc. Ils arrachent la tête du cerf-volant (nom vulgaire du lucane) qui vit longtemps encore après ce supplice et sert, avec ses longues antennes, à pincer les camarades. Ils conservent ensuite cette tête dans leur poche : elle porte chance au jeu et à la loterie.

On dit aux enfants que les cloches partent à Rome le jeudi saint, au matin, pour se faire, habiller ; elles reviennent le samedi suivant,

pendant le Gloria in Excelsis, en semant des œufs rouges sur leur passage.

Pendant l'absence des cloches, ce sont les enfants qui annoncent Theure des offices, le matin, et de la priùre, le soir. Ils parcourent les rues du village en agitant des sonnettes ou clochettes de toutes grosseurs et en criant à tue-tête : « Tout pour huit heures, » ou « Tout pour unif heures, y) suivant Theure à laquelle les fidèles sont invités à se rendre à l'église. (B.)

Dans le Perche, pendant les offices du jeudi et du vendredi saints, tous les enfants, armés d'un maillet, frappent violemment sur les bancs pour que les fidèles se lèvent, s'asseyent ou s'agenouillent.

For mulet tes rapides :

Pour faire passer le hoquet, il faut répéter sept fois sans respirer :

J'ai le loquet, Dieu l'a fait,

Oremus Je n'iai plus !

Félix son porc tua.

Sel n'y mit, ver s'y mit.

Porc gâta.

Dans un champ, mare y a, Cane y but, pie n'osa.

Un enfant assis, joue :

Une femme assise, coud :

Un homme debout, Ht.

A Paris, il y aunourleur, un brodeur, un fanfarlaricoteur Qui ourle, qui brode, qui fanfarlaricote.

Si j'avais ses ourlements, ses brodements, ses fanfar-

flaricotements.

J'ourlerais, je broderais, je fanfarlaricoterais. Aussi bien que l'ourleur, le brodeur, le fanfarlaricoteui Qui ourle, qui brode, qui fanfarlaricote.

S^Sl8f^l8f^

5 in. — FlLLKS :

Jeux et Rondes.

ES jeux des petites filles sont à peu près identiques à ceux des autres contrées de la France. La poupée (qu*on appelle en Beauce une catiti) est le jouet de prédilection : son lever, son coucher, la confection de ses vêtements, les soins de propreté, absorbent une grande partie des loisirs de ces futures mères de famille.

Elles jouent aussi à la marchande qui débite ses colifichets ; à la dame qui reçoit et rend ses visites ; à l'entretien du ménage imaginaire composé de débris de vaisselles, de tessons de bouteilles et de vases brisés.

Elles sautent à la corde, jouent aux osselets, au furet, à colin- maillard,.. Donc peu de chose à signaler dans leurs jeux.

6o FOLK-LORE DE LA BEAUCE

Le Colin-maillard.

Avant de commencer la partie, le Colinmaillards entouré des autres joueurs, feint de battre le briquet, puis d'allumer un feu avec quelques brindilles, pendant que s'engage le dialogue suivant :

Les joueurs, — Que fais-tu là, petit cordonnier ? (i)

Coliii-inaillard. — Je ramasse des bûchettes. Les joueurs, — Pour quoi faire ces bûchettes?

Colin-maillard. — Pour faire chauffer mon eau.

Les joueurs. — Pour quoi faire cette eau ?

Colin-maillard. — Pour affiler mon coutiau.

Les joueurs. — Pour quoi faire ce coutiau ?

Colin-maillard. — Pour couper le gaviau(2) à mon p'tit berlusiau (3).

Les joueurs. — Quoi qu'il a fait ton petit berlusiau ?

(I) r^r. savctiv-T, bouif. cortloi^nia...

2) Gosier.

(>) Loriot.

ET DU PERCHE 6l

Colin-maillard. — Il a mangé toutes les fleurs de mon jardin .

Les joueurs, — Comment étaient les fleurs de ton jardin ?

Colin-maillard. — Elles étaient de toutes les couleurs. Mais où allez-vous, mes petits enfants ?

Les joueurs. — Nous allons-nous promener.

Colin-maillard. — Vous allez user vos souliers. Qu'est-ce qui vous les raccommodera ?

Les joueurs. — Celui qui nous attrapera à l'aveuglette.

Alors le Colin-maillard se précipite sur ses camarades qui se dispersent, et le jeu continue.

La porte du Gloria.

Une fillette représente le soleil^ l'autre la lune. Elles se placent face à face et élèvent les bras en se tenant par les mains de manière ù former un arc.

Les autres enfants se suivent à la file indienne et passent sous Tare en chantant :

Passeri, passera, La dernière, la dernière ;

Passera trois fois, La dernière y restera.

Lorsque la dernière de la file passe sous Tare, les bras s'abaissent et la retiennent prisonnière. Alors s'engage le dialogue suivant :

— Rendez-nous notre fille,

Les zig, les zag, les marionnettes ; Rendez-nous notre fille. Pour quelle somme d'argent ?

— Vous n'aurez pas vot' fille.

Les zig, les zag, les marionnettes ; Vous n'aurez pas vot' fille, A moins de six cents francs.

— J'aimerais mieux la voir pendre, Les zig, les zag, les marionnettes ; J'aimerais mieux la voir pendre, Au long du chardonneret.

— La voyez- vous pendue,

Les zig, les zag, les marionnettes ;

La voyez-vous pendue.

Au long du chardonneret.

Pendant ce dernier couplet, la petite prisonnière passe ses bras sur ceux des deux fillettes et se laisse suspendre ; puis elle choisit l'astre qu'elle préfère et va se placer derrière le soleil ou derrière la lune.

Toutes les fillettes sont ainsi faites prisonnières tour à tour. C'est alors que les deux premières révèlent que le soleil représente le paradis et la la lune, Venfer, ou réciproquement, chose qu'elles avaient décidée en secret avant la partie. Aussitôt le secret dévoilé, les habitants du paradis courent sus aux démons en les poursuivant à coups de mouchoirs. (L. et H.-et-L.).

Deux enfants placées face à face se frappent mutuellement dans les mains : main droite contre main gauche , main gauche contre main droite, puis les deux contre les deux, et

ainsi de suite en chantant continuellement :

Mon père — m'a donné — des rubans — des dentelles; — mon père — m'a donné — des rubans— satinés,— pour faire — des jarretières — à ma vieille grand'mère.(E.-et-L. etS.-et-O.)

Les Éventails.

Une fillette se tient debout au milieu de ses camarades assises en formant un cercle .

Elles échangent le dialogue suivant :

— Je viens du marché.

— Qu'avez-vous acheté ?

— L'n éventail .

A ce mot, les enfants agitent leur main droite en guise d'éventail.

— Je viens du marché.

— Qu'avez-vous acheté ?

— Deux éventails.

Les enfants agitent les deux mains ensemble .

Le dialogue reprend et se termine par :

trois, quatre, cinq, six éventails. Et les en-

fants remuent successivement les deux mains et un pied ; les deux mains et les deux pieds; les deux mains, les deux pieds et la tête ; les deux mains, les deux pieds, la tête et la langue, en disant : trois éventails, quatre, cinq, six éventails. L'enfant qui rit pendant ce jeu doit donner un gage.

Il existe, bien entendu, un grand nombre d'autres jeux ; mais ils n'offrent aucune singiiiarité originale, ou font partie des Amusements du bel âge.

Les rondes tiennent une grande place dans les amusements des fillettes. En voici quelques-unes, choisies parmi les plus connues :

Ron, non, rou.

Petit patapon,

Les gendarmes qui soat su' l'pont

Qui pêchpnt des gros poissons Pour madame Giraumont (var. Salomon) ; Ils font ci, ils font ça, (var, Salomi, Saloma).

Youp là (var. A cul plat). (B.).

Sur le pont d'Avignon

Tout le monde y danse ; (bis)

Sur le pont d'Avignon

Tout le monde y danse en rond.

Dansons la capucine, N'y a pas de pain chez nous ; Y en a chez la voisine, Mais ce n'est pas pour nous .

You !

Au dernier mot de ces rondes, les fillettes s'accroupissent et se relèvent aussitôt ensemble, puis recommencent le même couplet.

J'ai des poules à vendre, Des rouges et des blanches, A quatre sous, à quatre sous, Mademoiselle, détournez-vous.

Au dernier vers, une fillette se détourne.

Lorsque toutes sont détournées, on recommence le même couplet et on termine en disant : « Retournexrvous, )>

Toujours en se tenant par la main , les plus grandes fillettes, et même les jeunes filles, le dimanche, chantent :

Le long de ce p'tit bois charmant.

Quand on y va, qu' Ton est bien aise ; Le long de ce p'tit bois charmant.

Quand on y va, qu' Ton est content !

Une demoiselle va s'y promenant,

Qpand on y va

Un beau monsieur va la suivant.

Quand on y va

Ils s'asseyent tous deux sur un banc,

Quand on y va

Ils se donnent un baiser charmant,

Quand on y va

Ils s'en reviennent tous deux des champs, Quand on y va qu' l'on est content !

Il était un p'tit homme Qui s'appelait Simon ; Il avait une fille

Qui se nommait Suzon, Do, ré, mi, fa, fa, fa (bis).

Do, ré, mi, fa, sol, la, si, do.

do, do.

Il avait une fille Qui se nommait Suzon ; 11 la mît en pension.

En pension, à Dijon, Do, ré, etc.

Il la mit en pension, En pension à Dijon, En lui disant : « Ma fille, Apprends bien tes leçons. »

DOj ré, etç.

En lui disant : Ma fille, Apprends bkQ tes leçons.

Quand tu seras savante.

Je te retii^rai.

Do, ré,M(^

Qjiand tu seras savante.

Je te retirerai.

Tu recevras les dames Dans ton \qH salon^ Do, ré, etc.

JET tV PERGKE

Su* Tpont du Nord, Un bal y

est don - né , Su' l'pont du Nord ,

Un bal y est don - - né.

Su' rpom du Nord, un bal y est donne, (bis) Adèr demand' à sa mèr' d*y aller, (bis)

— Non, non, ma fille, tu n'iras pas danser, {bis) Monte à sa chambre et se met à pleurer, (bis) Son frère arrive dans un bateau doré, (bis)

— Ma sœur, ma sœur qu'as-tu donc à pleurer ? (bis) — Maman n'veutpasque j'aille au bal danser, (bis)

— Mets ta robe blanche et ta ceintur' dorée, (bis) Et nous irons tous deux au bal danser, (bis)

Ils fir' trois pas, et les voilà noyés, (bis) Les cloches du Nord se mirent à sohner. (bis)

La mère d'Adèl' demand' pour qui sonner, (his) — C'est pour Adèl' et votre fils aîné I (his) Voilà le sort des enfants obstinés, (his).

(E.-et-L.).

îs:

icnfE

Dans la pri - son de Nantes ,

ztziM êm

iZJt

Tra-dé - ri- i-dé - ri-dé-rè-re Dans la pri-

son de Nantes, Un prison -nier y a, Un

ÈES

pri - son - nier ' il y a.

Dans la prison de Nantes, Tradé-ri- i-déri-dérère, Dans la prison de Nantes, Un prisonnier il y a (his).

Person' ne vient le voir, Tradéri-i-déri, dérère, Person' ne vient le voir, Que la fill' du geôlier (bis).

Pour y porter à boire, Tradéri-i-déri dérère.

Pour y porter à boire, A boire et à manger (bis).

Et des chemises blanches, Tradéri-î-déri dérère, Et des chemises blanches.

Quand il en veut changer (bis).

— Ah ! dites-moi, la belle, Tradéri-i-déri dérère,

Ah ! dites-moi, la belle,

Ce que Ton dit de moi (bis) ?

— L'on dit de vous, Monsieur, Tradéri-i-déri dérère,

L'on dit de vous. Monsieur, Que vous mourrez demain (bis),

— Ah ! si je dois mourir, Tradéri-i-déri dérère,

Ah '• si je dois mourir,

72 FOLK-LORE DE kA BEAUCH

Déchaînez-mai les pieds, Déchaînez-moi les mains.

La belle, toujours tcntfrc.

'rradéri-i-déri-dérère, La belle^ toujours tendre, Lui déchaîna les pieds, Lui déchaîna les mains.

Il saut' par la fenêtre, l'radéri-i-déri-dérère , il saut' par la fenêtre, Dans la mer, il tomba (pis).

Il vogue de vague en vague, Tradéri-i-déri-dérère , Il vogue de vague en vague, Comme un poisson nageant (Hs).

Quand il (le) fut au bord, Tradéri-i-déri-dérère, Quand il (le) fut au bord, îl se mit à crier : (hts).

— Ah ! si j'retourne à Nantes ' Trader i -i -déri-dér ère , Ah 1 si j' retourne à Nantes La belle j'épouserai, {bis).

HT Di: PEICHE

Autre temps, autres mœurs ! 11 y a un quart de siècle, à peine, jeunes gens et jeunes filles se réunissaient, le dimanche, et dansaient ensemble les rondes suivantes. Cette coutume est tombée en désuétude et les rondes se dansent maintenant entre fillettes ou jeunes filles :

Mè-re ca-pu - cin', Vou-lez-vous dan-

scr ? Mè-re ca-pu - cin', Vou-lez-vous dan-

ser ? Mad'moiscir X Ton va vous don-

ner , Mad'moiseir X l'on va vqus don-

ner. J'entends bien la ca - den-ce, Je sais j — , — , 1 — -j — 1-*— 1

bien com* Ton dan-se, Je sais bien dan-

ser Et mêm' Tem-bras - - ser.

Un garçon (ou une fille) est au centre de la ronde et fait voir, par un signe affirmatif ou négatif, s'il (ou si elle) accepte ou n'accepte pas la personne désignée. Dans le premier cas, la personne entre dans le cercle ; tous les deux s'embrassent puis reprennent leur place. Dans le second cas, on chante :

— J' n'entends pas la cadence, Je n'sais pas comm' l'on danse, Je n'sais pas danser Xi même embrasser.

A ma main droit' J*ai t*un ro-

g^l^ f-J-p=FE ^

sier, A ma main droit' J'ai t'un ro-

p^^UUl^ ^

sier, QjLii fleu-rit tous les li-Ion - la, dui

ëëj^igi

fleu-rit tous les mois de mai.

A ma main droite, j'ai t'un rosier (bis.) Qui fleurit tous les li-lon-la, Qui fleurit tous les mois de mai.

Entrez en danse, charmant rosier (bis.) Et choisissez qui vous voudrez.

Ou la rose ou bien le rosier.

7é lOLK-LORE DE LA BEAUCE

X 'sommes-nous point cousins cousines N 'sommes-nous point cousins ter tons?

Entrez dans la danse.

Faites la révérence,

Embrassez-en une pour le tout.

N 'sommes-nous point coiisiiis cousines.

N'sommes-nous pirint cousins tertous ?

Des variantes sont apportées à la phrase

Embrassez-en une pour le tout.

On dit :

Deux, trois, quatre, cinq, etc. pour le tout.

Ou encore :

Vous embrasserez le tout.

Ou enfin :

Vous n'en embrasserez point du tout.

Où vas tu , bel - le boi-

wut

^::J»-=te4

:st

hra

teuse, Mon en-rÉuit, mon en-fant ? Où vas-

^ ^n\ J- ji iT a

tu, belle boi-teuse, Mon en-fant char-mant ?

— Où vas- tu, belle boiteuse, Mon enfant, mon enlant ?

Où vas- tu, belle boiteuse, Mon enfant cliarraant ?

— Je m'en vais au bois seulette , Mon en^nt, etc.

— Pour quoi faire au bois seulette ?

Mon enfant, sic.

— Pour cueillir la violette Mon enfant, etc,

— Pour quoi fair' la violette ?

Mon enfant, ek*

— Pour la mettre à ma bavette, Mon enfant, etc.

— Pourquoi faire à ta bavette ?

Mon enfant, etc.

— Pour sentir bon sur mon coeur, Mon enfant, etc.

— Si tu rencontres le garde ?

Mon enfant, etc.

— Je lui paierai bouteille, Mon enfant, etc.

— Si tu rencontres la reine ?

Mon enfant, etc,

— Je lui frai deux révérences, Mon enfant, etc,

— Si tu rencontres le roi ?

Mon enfant, etc,

— Je lui frai trois révérences, Mon enfant, etc.

— Si tu rencontres le diable ?

Mon enfant, etc.

— Je lui montrerai les cornes, Mon enfant, etc.

(E.-et-L. et L.)»

§ IV. — Devinettes.

[u'est-ce qui tend le bec en entrant à la maison ?

— Lachopine.

Qu'est-ce qui tend la queue en entrant à la maison ?

— Lachopine.

Qu'est-ce qui a la tète au milieu du corps ?

— Un ian (un lien).

Qu'est-ce qui a les cornes au cul ?

— Un sac.

Qu'est-ce qui a le nombril au cul ?

— Un boisseau.

Qui a le nombril sur le dos ?

— Le tonneau.

Qu'est-ce qui a tant de petits yeux, tant de petits yeux qu'il n'en voit pas plus clair ?

— Un crible.

Qui a Tœil au bout de la queue ?

— La poêle.

8o FOLK-I.ORE DE LA BEAUÇE

Qu'est-ce qui a une tête, point de cheveux ; des dents, point de gueule ; une queue, point de cul ?

— Un fauchet ou un râteau.

Qu'est-ce qui se fourre sous le lit en entrant ?

— V ombre.

Quatre pattes est couché sur quatre pattes ; quatre pattes s'en va, quatre pattes restent.

— Un chat sur une chaise.

Qu'est-ce qui est plus haut que le clocher?

— Le coq.

Qu'est-ce qu'un vivant dans un mort ?

— Le doigt dans un de.

Qu'est-ce qui a mille yeux et qui n'en voit pas plus clair ?

— Un dé.

Qu'est-ce qui marche la tête en bas ?

— Les clous sous les souliers.

Qui a quatre allants, quatre à lait, deux voyants^ deux ôchets, la queue longue comme un balai.

— Une vache.

Qui pousse daas le bois san3 y^ines ?

— Le levain dans une ccuelle di bois.

ET DU PERCHE 8l

Haut montée, court habillée, chausse noire et cul percé.

— La cheminée, Noiret dit à Rouget :

Si mon cul défonçait, Je te tuerais tout net.

— Un chaudron rempli d'eau sur le feu.

Qui est-ce qui voudrait voir son frère noyé ?

— Un aveugle.

Si tu devines combien j'ai de fromages dans mon panier, je te les donne tous les sept.

— Sept.

— Si tu Tas si bien deviné, c'est que le diable te Ta dit.

Il existe quelques devinettes-attrapes qui ont pour but de lancer une facétie grossière à celui qui donne la réponse. Un seul exemple suffira pour montrer qu'elles sont dépourvues de toute originalité :

Qui va de vallée en vallée, la queue levée ?

ou bien: Qu'est-ce qui fait caracaca à la corne d'un bois ?

— La pie.

Au naïf qui s'est empressé de répondre, on dit : ff Fourre ton nez par où elle... »

§ V. — FormtUettes diverses.

Mal de tète :

— J'ai mal à la tôtc.

— C'est bien loin des pieds.

ou : C'est le plus haut de la bête.

Colique :

— J'ai mal au ventre.

— C'est la foire qui se détrempe (B,).

Le rcnifleur :

— Tu renifles bien, mon Jean ?

— Oh ! non. . . pas tant. . . quTannée...

dernière . . . Mon père ... ma mère . , . m'ont tant... battu... qu'i* m'en... ont fait per-dre... Tac-cou-tu-mance.

Celui qui répond doit renifler presque à chaque mot.

Le louche :

Il a un œil sur Paris et l'autre en galargne. (Le vent de galargne ou de galerne vient du sud-ouest) .

Le. sourd :

— Bonjour, Claude,

— Oui, m'sieu, j'fauchc.

— Pour qui feiuches-tu ?

— J'gagne dix écus.

— Ah ! le diable de Claude, Quand on lui pari' d'un sens Il nous répond d'iautre.

— Ben I si j 'fauche pas pour vous, J'faucherai pour un autre.

Le rhume :

Il a une toux de renard, ça le conduira au

terrier.

La faim ••

Il a la maladie de saint Loup ; Rien n'y arrête dans le cou (L.).

Le paresseux :

Pour faire lever gaiement les enfants, on dit, en imitant Taccent auvergnat :

— Lève-toi, petit fouchtra.

— Et pourquoi faire, mon maître ?

— Pour porter le mortià<

•^ Oh l le ventre î le ventre l le ventre I

— Oh ! hé ! lève-toi petit fouchtra.

— Et pourquoi faire, mon maître ?

— Pour manger la soupe au lait.

— Oh ! je me lève, je me lève (B.)-

La semaine du paresseux :

Lundi, mardi, fête ;

Mercredi, je n'y puis être ;

Jeudi, saint Thomas ;

Vendredi, je n*y serai pas ;

Samedi, au marché (var. : à la ville).

Dimanche, à la messe,

Ma semaine sera faite.

L'approbation :

Ta bouche a raison ; Mon ... a tort .

J'ieux f'rons faire mignon Pour qu'ils soient d'accord.

— Entendu, conclu :

Trente-six fesses font dix-huit . . .

A deux liards la fesse,

Ça fait un sou le . . •

Cogne-cul !

Deux enfants balancent un de leurs camarades en le soutenant, Tuii par les

pieds, l'autre par les épaules ; ils chantent :

Cul vanné

N'vaut jamais rien ;

Cul fouetté

Encor' bien moins,

Cogn' cul ! cogn' cul !

En prononçant ces derniers mots, ils frappent le derrière de l'enfant par terre.

La place prise :

— C'est aujourd'hui la Saint-Médard ;

(var. : Saint-Lambert).

Qui quitte sa place la pard ; (var. : perd).

^pliqtu :

— C'est aujourd'hui la Saint-Laurent ; Qui trouve sa place la r'prend.

Si. . .

Si Tbon Dieu voulait, j'm'appell'rais Joseph. Le bon Dieu nVeut pas, j' m'appelle Nicolas.

Quand. . .

Quand ? quand ?

— Quand les canes iront aux champs.

Tu leur baiseras le ... en entrant .

Questions indiscrètes :

Quelle heure est-il ?

— Il est rheure perdue, la bête la cherche .

— L'heure n'est pas perdue, la bête a répondu,

— Comment t'appelles-tu?

— Je m'appelle par mon nom, Tire la ficelle, et gobe l'étron.

— Où est-il ?

— Dans sa chemise, la tête y dépasse.

Ou : Dans le four, avec la vache.

— Quel âge as -tu ?

— L'âge d'un viau ; tous les ans, douze mois.

Souhaits de bonne année :

Je te souhaite une bonne année de pain tendre. Que la mie t'étouffe et que la croûte t'étrangle,

Eternuement :

Que Dieu te bénisse et te rabonisse, Et te fasse le nez gros comme ma cuisse.

L'adieu :

Bon voyage et bon vent,

La paille au ... et le feu dedans.

Ou : Mon ..i ouvert et ton nez dedans.

Ou : Bonjour à tes poules... N'oublie pas le co'.

Le vent :

Stahat Mater, Derrière saint Pierre Y a une femme Qui n'a qu'une dent Quand il fait du vent. (B).

La Huie :

Pleus, pieu s.

T'auras des œufs.

Pleus pas, pleus pas.

T'auras des oies.

Sans fin :

Ils étaient quatre Qui voulaient se battre ; Mais y en avait trois Qui ne voulaient pas.

Le quatrième a dit :

Moi, ça n' me r 'garde pas ; Mais tout ça n'empêch' pas Qu'ils étaient quatre.

Qui voulaient se battre»....

(Et on continue indéfiniment).

D'abord il avait dit qu'il lui dirait comme ça en lui disant : dis-lui donc qu'il lui dit, ça n'fait rien, tu peux lui dire tout ce qu'il t*a dit ; alors il lui a dit, puis il lui a redit... d'abord il avait dit, etc.

Divers :

Les papas et les mamans Sont des gens bien déplaisants.

Pour la moindre des sottises.

Ils relèvent la chemise.

Et ils font pan 1 pan !

Sur le cul des p'tits enfants.

C'est demain dimanche, La fête à ma tante Qui balaye ses planches Avec sa robe blanche ; Elle a trouvé une orange, La pMure et la mange.

Elle va dans sa chambre.

Elle se casse la lan^e ; Elle va dans son grenier.

Elle se casse le nez.

Ma chanson est dite, Ma langue en est quitte, Mon sabot est d* bois, Ma langue n'en est pas.

Ma soupe est mangée, La tienne est restée.

Mon plat est lavé.

Le tien est cassé. (L.).

Les contes :

Un loup traversant le désert,

La queue levée, le . . . ouvert,

Peta un pet.

Pour qui, pour toi !

— Un petit conte,

Défunt mon oncle,

Un p'tit chien Mu,

Fourre ton nez dans mon ... (B.

Le maître d'école :

Mait' d'école

A la bricole,

Mon sabot il n'a qu'une corne,

La vache en a deux.

Tirons-lui la queue.

Ce sera pour nous deux. (B.).

Lt Glas :

A Chartres , au commencement du XIXe siècle, les enfants chantaient en accompagnant les trois cloches de la cathédrale :

Ban ! Ban ! Ban !

Qui est mort ?

C'est le curé de Saint-Victor, II a laissé trois louis d'or Pour habiller la Vierge en or ; Il a laissé trois p'tlts écus Pour habiller l'enfant Jésus !

Et ban ! ban ! ban, etc.

A Ouarville, ils disent :

Pain bis — pain blanc, Ton corps — est mort, Ta foss' — est fait', Pout te — mettre — dedans.

VEvanfrile :

En c' temps-là.

Je n'sais qu'ça.

Au milieu, J'sais pas mieux.

Tournez la page,

J'en sais pas davantage .

A la fin,

Je n'sais rien (B.)-

En ce temps-là, Jésus dit à ses disciples :

Ceux qui n'ont pas de tabac N'ont pas besoin de pipe.

Au Catéchisme :

Qu'est-ce que Dieu ?

C'est un p'tit bonhomme qui souffle le feu.

Qja'est-ce que l'homme ?

C'est un p'tit bonhomme qui mange des pommes.

Sur les chants d'église :

Alléluia !

Pendez vos chats, Gardez vos chiens Pour l'année qui vient.

Alléluia î

Pater noster.

De la soupe plein un plat de terre.

^ve Maria, Qui donc qui mangera tout ça.

Credo in 'Deum, Y'en a pour douze personnes

Confiteor Deo, Ça sera pour le bedeau (B).

Dominus vohiscum.

Je prends un bâton et je t'assomme.

Et cum spiritu iuo, Je Tprends et j'te casse les os.

'Deo gratias,

— Les cochons sont soûls,

— Mange d'ia m... tu l'seras itou.

Attollite portas^ Ouvre-moi ta porte, ou sinon j'ia casse.

Salve puer, — des pommes, des poires, Un grand bâton — pour les avoir, Un p'tit bonhom' — pour les ramasser.

Un grand gosier — pour les avaler .

(E.-et-L.^

Aux Rois.

Donnez, donnez la part à Dieu.

Si l'on refuse les enfants ajoutent :

Les trois rois s'sont arrêtés A la port' des mal peignés (L.),

A Vdques :

Les enfants de chœur vont quêter les œufs de Pâques Qeur pâqueret) dans chaque maison du bourg et des hameaux de la commune en chantant quelques strophes de la prose O filii. Ils terminent souvent par cet appel à la générosité :

Donnez quéqu' chose à ces chanteurs (i), Qui chantent les louanges du Seigneur.

Un jour viendra, Dieu vous 1' rendra.

Alléluia !

ou : Allons, madame, tâtez vos nids ; Donnez-nous pas des œufs pourris.

Car le bon Dieu vous punira.

Alléluia !

Dès qu'ils sont dehors, si la dame n'a rien donné, ils ajoutent :

La vieille (2) a mis sa poul' couver, Afin de ne rien nous donner.

Un jour viendra, sa poule cré'v'ra (3).

Tra la la la.

(i) Var, : Aux enfants de chœur*

(2) Var. : La mère...

(3) Var. : L'diable Temportra.

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