‹ Le folk-lore de la Beauce et du PercheChapitre 7 sur 31 · GARÇON · texte numérisé non relu

GARÇON

^^éÈ^s ^^^.

Madam' la ma-riée n'a pas d'berceau,

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Comment fcra-t-el-le ? Comment fera-t-el-le?

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Madam' la ma-riée n'a pas d'ber - ceau ,

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Comment fera-t-elle pour coucher le marmot ?

Madame la mariée n'a pas d'fagot,

Comment fera-t-elle ? (bis).

Madame la mariée n'a pas de fagot, Comment fera-t-elle pour faire son fricot ?

Madame la mariée n'a pas de savon.

Comment fera-t-elle (bis).

Madame la mariée n'a pas de savon Comment fera-t-elle pour laver son jupon ?

Madame la mariée n'a pas d'balai,

Comment fera-t-elle ? (bis).

Madame la mariée n'a pas d' balai, Comment fera-t-elle pour laver le carreau ?

Après ce dernier repas, les invités les plus éloignés de leur village font leurs préparatifs de départ tandis que les jeunes gens recommencent à danser.

Si l'un des conjoints est le dernier enfant à marier, on danse la Pouchette-Rousse, ou mieux, hPouche-Troiisse {i). La mère vient au

(i) Ce dernier mot, par son étymologie, semble

milieu de la danse, tenant à la main une longue perche au haut de laquelle est suspendu un sac de dragées. Des gaules un peu plus courtes que la première sont distribuées à tous les jeunes gens ; ceux-ci essayent, avec leur baguette, de crever le sac en papier, tandis que la mère balance et penche en tous sens sa longue perche. Lorsque le sac est crevé, chacun se précipite sur les dragées répandues sur le sol.

La Pouche- Trousse est le dernier divertissement, c'est le signal de la retraite.

Un dernier appel est fait au tonneau :

A boire, à boire, à boire, Xous quittr'ons-nous sans boire.

Nous quittions nous Sans boire un coup ?

Non, les amis n'sont pa.s si k)iî.n

Clue d'se quitter sans boire,

Qpe d'se quitter sans boire un coup.

être le vrai : Pouche, vient de poche ; on dit : un pouchon ; — Trousse, trousser, vider.

ET DU PERCHK J55

Le ménétrier attaque enfin cet air connu, chanté par la mère de la mariée qui distri* bue, comme souvenir, un gfltçau à chacun des invités :

AUex'YOuS'Cn les gens d'ia noce, Allez -vous-en chacun chez vous.

Notre fille est mariée, Nous n'avons plus besoin de vous .

Et tout le monde reprend en chœur :

AUçns-nous-en les gens d' la noce, Allons-nous-en cliacun chez nous,

Pour qu'un mariage soit chanceux, il faut qu'il y ait, pendant la noce, de la vaisselle cassée. La salière renversée est égalée) en t signe de bonheur pour les jeunes époux.

Quitter ou perdre son anneau de mariage porte malheur.

Les époux ne doivent pas être nés dans le même mois, cela porte malheur.

C'est un mauvais présage pour l'avenir du jeune ménage quand une noce croise un

enterrement, ou quand un enterrement a lieu le même jour que le mariage.

A la campagne, le grand luxe du ménage est le linge. Autrefois, draps, chemises, serviettes, torchons étaient filés à la maison et tissés dans le voisinage. Les couturières venaient tailler et coudre à domicile. 11 fallait que les armoires fussent remplies de ce linge plus ou moins fin, mais presque inusable.

On ne se marie pas le jeudi, de peur d'être appelé Jean- jeudi. Ce nom fait douter de la fidélité de la femme et confirme ce passage de V Évangile des Quenouilles : « Qui de maint meschief veult estre quitte ne se marie jamais sur le jeudy. »

On évite de se marier dans le mois de mai, dans la croyance que les enfants conçus en cette saison viennent au monde lourdauds (idiots).

On dit communément : Il n'y a qu'un bon mariage, et c'est le premier.

C'est sans doute pour justifier cet adage que la veille de la noce d'une veuve, on va, avec des casseroles et des chaudrons, donner un charivari à sa porte.

Pareille farce avait lieu jadis la veille de la noce d'un cultivateur qui épousait sa servante.

Celui des époux qui couche sur le devant du lit est considéré comme étant le maître dans le ménage.

La femme mariée prend souvent le nom féminisé de son mari : la Planchenaude est la femme de Planchenaud ; la Rouillonne est la femme de Rouillon.

Si le mari est étranger au pays, on dit :

rhomme à Ernestine, à Elise....

Les enfants, même légitimes, sont assez fréquemment désignés par le prénom de leur mère : le gars à Louise ; la fille à Eulalie .

On n'appelle pas toujours l'aîné des enfants par son prénom, mais par son nom de .

famille.

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