LA NAISSANCE ET LE PREMIER ACE
lir ces plantes dans Teau et la donnaient à boire à leurs enfants. Ensuite, ils leur disaient de cracher sur les ribères, et de faire le signe de la croix au commencement et à la fin de cette opération. Cueilli à minuit, le goémon procurait l'intelligence, et les ribères donnaient le goût du travail . On assurait que la nuit de sa naissance, FEnfant-Jésus avait communiqué aux plantes marines un pouvoir tel que celui qui en buvait une infusion avait pour tous les métiers une aptitude particulière (1).
A Hartlepool, où les pêcheurs forment une race à part, qui ne se marie qu'entre elle^ et qui demeure stationnaire, et aussi à Hull, on donne à l'enfant qui va pour la première fois rendre visite aux voisins du sel, du pain et un œuf.
1. Paul Sébillot, in Archivio, t. v, p. 519, 2. W. Jones. Credulities, p. 108.
12 l.'«NFANCE DU pèCHKUn
g II. — Les mjDs. des pexits râcHEuts.
Quand Les petits pêcheurs grandisseiyt.
les mères ont beaucoup de peine à les empêcher d^aHer aux bateaux. Elles s'efforcent de les en détourner en leur faisaBit peur des lutins de la mer, tels que i^icok, qui a souvent la forme d'un poisson,^ fll Gros JeanXes femmes de la baie de Smnt- Malo leur disent que s'ils vont seuls satr le rivage, Gros Jean les prendra et les tiendra enfermés dans un tonneau, où ils n'auront à manger que des ribères (fucuA^ qu'il leur passera par la bonde, et à boiie que de Teau salée, et elles leur racontent les mésaventures arrivées à des enSants désobéissants. Une bête terrible pour ceux qui vont se promener seuls au bord de Feau, à la nuit tombante, s'appelle Saint- Nicolas : elle est armée de grififes et déchire la figure des petits pêcheurs attardés sur les grèves (1).