W. GuEGOR, in FolU-Lore JournaL t m, p
:21g les mœurs a uokd £t la pèche
la fumée dans les moindres fentes et les plus petits trous. Une fois bien flambé, le bateau peut retourner en mer sans crainte de maléfice, la sardine reviendra visiter ses filets f'I). A Audierne, pour n'avoir pas !a Bo$j, il faut voler. Le voleur laisse après lui la malechance, et n'est jamais atteint par elle. A bord des bateaux, la Bosj dure dos semaines et des mois, parfois des années, mais elle finit par s'user d'elle-même. Mieux vaut pourtant la conjurer. Elle se log^e toujours à Tavan t. Divers moyens sont employés pour la faire partir. Le premier consiste à voler, à l'insu de tous, quelque chose dans un bateau qui a fait bonne pèche . La veille, le patron commande au mousse d'amarrer le bateau contre celui qu'il a en vue. Le lendemain, sans que personne le voie, il décroche quelque chose, les tolcts principalement. La mauvaise chance saute à bord du bateau volé. Un autre moyen est de battre la Bosj. Celui qui soupçonne sa présence s'en va, en cachette, ro-
t (i I»;, LA r.ANDKLi.r, Mr.uvs maritimes.
Jer une poignée de paille d'avoine, et l'introduit secrètement dans le bateau. La nuit, en mer, quand tous dorment, il met le feu à sa paille, au pied du mât de misaine, et crie : « Le diable à bord 1 » L'équipage éveillé en sursaut, ébloui par le feu, saute sur tout ce qu*il trouve à sa portée et cogne à droite, à gauche. La Bosj\ étouffée par la fumée , brûlée par le feu, traquée, battue de tous côtés ^ saute à la mer (1).
£n Ecosse, lorsqu*on soupçonne qu'un bateau a été ensorcelé, ou qu'on a jeté un sort pour « en éloigner le poisson », on le passe à travers les drisses. On fait un nœud coulant sur des drisses, assez larges pour permettre au bateau de passer outre, puis on les place sur Tavant et on les pousse sous la quille ; le bateau met à la voile en passant à travers le nœud coulant (2).