E. Herpin, Terreneuvals, p
partir,ils noyèrent Carnaval. Sur un chariot qu'ils avaient pris à la porte de Dinan, ils avaient installé un énorme mannequin bourré de feurre (paille), et ils chaoïtaient avec accompagnement d'accordéon, leur instrument favori :
Mardi-Gras, ne t'en vas pas, J'frons des crêpes et t'en mangeras.
Et tous en cœur :
Mardi-Gras s'en est allé,
J' f rons des crêpes sur n'un gal'tier.
Puis, après avoir bien crié, ils enlevèrent la victime et la jetèrent à Teau où elle s'en alla à la dérive. La « pouchée de feurre »
avait fait changer le vent, dit-on, et les marins purent partir le jour même (1).
On a vu dans un chapitre précédent que pour savoir s'ils feraient une bonne pêche, les ïerreneuvats, soit dans leur pays d'origine, soit au moment de la pêche de la morue, accomplissent une sorte d'ordalie.
Il est vraisemblable qu'ils font d'autres