LES ISLANDAIS
binicaser^ et le mot a pour racine Binic, petit port de pêche de la baie de Salnt- Brieuc. Afin de mieux binicaserAes Paimpolais, plusieurs jours avant d'aller en baie, gardent une partie de leurs provisions d'eau -de- vie. Les visites sont si nombreuses, les libations si copieuses, que Ton a souvent à déplorer des désordres graves, La petite embarcation qui,à chaque navire, sert pour binicaser avec les autres équipages a le nom significatif de « porteivrognes (1) ».
Lorsqu'on prie tout haut à Islande, les âmes des <( perdus » errantes dans ces parages, vous répondent. Une nuit que le père Loll de la Marguerite avait imaginé pour se désennuyer, de se réciter, tout en péchant, son Pater Nosler, des voix s'élevèrent du fond des eaux, répétant après lui chacune de ses paroles. De surprise et aussi de frayeur, il se tut. Alors il y eut au-dessus de lui, dans la mer, comme un
1. Revue de Bretagne et de Vendt^e, juin 1899, juin 1900 (art. de P. Giquello, aumônier des Œuvres de mer).
grand sanglot, et une voix murmura plaintive : « Si tu étais allé jusqu'au Libéra nos a ma/o, tu nous aurais tous délivrés. »
Quand un Islandais décède sur les lieux de pêche, c*est une tradition que toute sa bordée ne tarde pas à le suivre.
La présence d'un innocent à bord porte bonheur (1).
Comme les Terre-neuvats et presque tous les marins, les Islandais se livrent à leur retour à de joyeuses ripailles. A Dunkerque la chapelle de Notre-Dame des Dunes est fréquentée à la fin de septembre par les Islandais, qui entremêlent les neuvaines et les autres exercices religieux de saouleries extraordinaires (2).