‹ Le folk-lore des pêcheursChapitre 260 sur 281 · J. B. Andrews, p · texte numérisé non relu

J. B. Andrews, p

pé rhabit n*élait autre que sa fiancée. Celleci le rend riche, à la condition qu'il se taira. En Corse un pêcheur de Calvi, dont le bateau était démarré toutes les nuits, se cache pour savoir qui lui jouait ce mauvais tour ; il voit arriver treize chattes noires qui se mettent à faire des conjurations en disant : <( Va pour un, va pour deux, etc. » jusqu'à treize ; comme la barque ne bouge pas, elles croient que l'une d'elles est enceinte,et ayant dit : « Marche pour quatorze ! » le bateau s'élance avec rapidité et va jusqu'en Egypte où les sorcières descendent à terre pour sucer le sang des petits Egyptiens. Il descend aussi et rapporte un régime de dattes ; le bateau revient à Calvi, et le lendemain à l'église, le pêcheur met du sel dans le bénitier, et les treize sorcières,qui étaient treize dames de la ville, ne peuvent quitter leur place qu'après avoir promis de renoncer à leurs pratiques de sorcellerie (1).

1. J. B. Andrews, Stories from Menione Revue des trad. pop., t. ix, p. 45.

Un pêcheur languedocien qui voyait chaque matin sa barque mouillée d'eau de mer, se cacha auprès pour savoir ce que cela voulait dire. Il vit à minuit des femmes arriver chacune avec une lumière, et lorsqu'elles eurent dit : « Pars pour un, pars pour deux, etc, pour sept, » la barque disparut comme une fumée. Le lendemain, il se cacha dans sa barque, et, comme elle ne partait pas au commandement de : « Pars pour sept )), celle qui était la maîtresse dit : « Pars pour huit. » et elle traversa la mer en un clin d'oeil. Arrivé en terre d'Egypte il vit les femmes disparaître dans une maison mal famée, et pour pouvoir affirmer ce qu'il avait vu, il coupa une branche de palmier. Le pêcheur dit au curé que pour connaître les sorcières du pays, il fallait semer du sel devant la porte de réglise ; les sept femmes, en y arrivant, s'arrêtèrent et l'on reconnut que c'étaient les sept sorcières de la barque. (1) En Roussillon un conte a un commencement

(1) L. Lambet^t, f'^onlex populaires du Languedoc, 1892, p. 148.

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à peu prè5 identique En débarquant sur la terre inconnue au pêcheur, les femmes font une ronde effrénée, puis eîîes se dirijrent vers un villag-e. A leur retour, la barque se remet aussitôt en mouvement et arrive promptement sur le rivage roussillonnais. Le dimanche suivant, le pécheur indique au bailli les sorcières, à mesure qu'elles entrent à l'église. L'une d'elles était la propre femme du bailli. Une autre version de la même région raconte qu'un pêcheur de Collioure auquel on avait dit que sa future était sorcière, l'épia et la vit, après s'être trempé le pouce dans la pommade, se diriger vers la plage où deux autres femmes l'attendaient. Il eut le temps, après s'être aussi frotté, de se cacher sous les cordages, et les sorcières, pronon" çant les paroles : " Pars pour un, deux, trois f), ajoutèrent, voyant que la barque ne bougeait pas : " Pars pour quatre. » Elle se dirigea vers l'île de Saint- Vincent, en face Collioure. d'où, après avoir cueilli des fleurs, elles revinrent au port (1).

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