HoHACE Chauvkt, Le /en 7c* du Roussi lion, p
Un long récit de la Biscaye espagnole raconte qu'un pêcheur, couché sur le tillac avec un de ses compagnons, vit arriver deux fantômes qu'on aurait dit tombés des nues ; c'étaient de^ femmes qui crurent que les hommes étaient endormis, et le bateau s'enleva dans les airs, et s'arrêta bientôt sous un immense olivier ; les deux femmes sortirent du bateau, y revinrent au bout de quelques instants, et après avoir regardé attentivement les hommes, elles rentrèrent dans la barque, qui se remit aussitôt en mouvement,et se retrouva en quelques minutes à l'endroit d'où elle était partie.
Lorsque le bateau eut été amarré, la plus vieille des femmes dit à l'autre : « Ma fille, disons-leur adieu pour toujours, car jamais tu ne reverras ce bateau ni personne de son équipage ; d'ici à deux heures, ils seront tous au fond de Teau. Avant qu'ils aient doublé la pointe d'Arrangatzy, je ferai s'élever trois vagues, la première de lait, la seconde de larmes, la troisième de sang. Ils pourront échapper aux deux premières ; mais il n*est rien qui puisse les
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sauver de la dernière. Il n'y aurait qu'an moyen d'échapper au sort qui les menace ; ce serait de lancer un harpon dans la troisième, la vague de sang ; car ce sera moimême, et le coup qui frapperait cette vague percerait mon propre cœur. » Le garçon, qui raconte ceci à Téquipage, montre pour preuve de sa véracité une branche d'olivier qu'il avait coupée. Les pêcheurs, qui sont en mer au moment de ce récit, voient les trois vagues ; la dernière est frappée au milieu par un harpon ; un gémissement se fait entendre, et la vague, se séparant en deux devant le tranche-lame, va se précipiter vers la côte et couvre le rivage d'une écume de sang. Ce jour-là les bateaux qui, pendant toute la campagne avait fait mauvaise pêche, reviennent chargés à couler bas ; mais une des femmes du village était à l'agonie, et sa fille disparut en maudissant les marins (1).
En Islande, souvent par un temps calme
(1) Julien Vinson, Le Folk-Lore du pays bàsque, p. 20-33.
on entend craquer les barques tirées sur le sable. Ce craquement est leur langage, mais il n'est pas donné à tout le monde de le comprendre. Un homme une fois les entendit, et Tune disait à sa vieille compagne qu'elles ne se retrouveraient plus côte à côte, car le lendemain, malgré le mauvais temps, son patron la mettrait à la mer. La seconde barque dit qu'elle n'irait pas, à moins que le diable s'en mêle. Le lendemain, le temps était menaçant ; le patron descendit au bord de la mer, et dit à ses hommes : « Allons I lançons la barque au nom âe Jésus (c'était son exclamation favoriti). » Les hommes s'arcboutèrent le long de la barque, sans pouvoir la faire bouger ; d'autres leur aidèrent sans plus de succès. Alors le patron se mit à crier à tue-tête : « Eh bien alors, au nom du diable» en avant I > La barque glissa aussitôt rapidement à Teau. Les hommes la montèrent «(ppartirent pour la pêche ; mais depuis on n'^n a jamais entendu parler (1).
-^i) Magasin pitioresqnef 1867, p. 140.
Quelques légendes parlent de pêcheurs métamorphosés en poissons, ou en oiseaux pour des causes assez diverses. Le pêcheur Glaucus ayant mis un jour sur l'herbe du rivage des poissons qu'il venait de prendre,s'aperçut qu'ils s'agitaient d*une façon extraordinaire, et qu'ils allaient se jeter dans la mer. Persuadé que cette herbe avait une vertu particulière, il en goûta, suivit leur exemple et fui changé en Triton (1). Deux traditions, recueillies bien loin Tune de rautre,racontent comment des pêcheurs furent métamorphosés en raison de leur désobéissance ou de leurs méfaits.
Un pêcheur de Haute-Bretagne, qui avait entendu dire, en allant tendre ses filets sur la grève que la fête de la reine des fées aurait lieu le lendemain et que tout pêcheur qui ce jour-là lèverait ses filets serait puni y va tout de même ; il est changé en poisson, et c'est lui qui fut le premier Roué de mer [Cydopterus Lampns). (2) Au^t