A. JoANNE, Bretagne^ éd. 1880, p, 569, d'ap. Violeau
bateau occupe cette place depuis le jeudi qui précède le dimanche gras, et il la gar- • dera jusqu'au retour de cette date qui marque la cérémonie du Fest ar vag, la fête des barques particulière à l'île de Sein. Ce jour là, chaque patron invite son équipage à souper; il fournit un litre de vin par homme, l'équipage l'eau-de-vie ; le repas fini, les hommes se lèvent et tirent leur béret. Le bateau en croûte est « amené »
par le plus ancien de la compagnie, puis le patron fait le signe de la croix, rompt le pain et en partage les morceaux avec l'équipage. L'acte est grave comme un sacrement ; qui s'est lié par cette communion mystérieuse s'est vraiment donné corps et âme. Un des hommes de l'équipage taille ensuite dans la miche de pain, une nouvelle entamure dont il ôte la mie, et qu'il grée comme la précédente. Après quoi on la hisse au plafond et on l'amène trois fois, comme pour la cérémonie du salut, en chantant le Veni Creator. S'il y a un mort pendant l'année dans l'équipage, on récite un De profundis à son in-
tention. L'assemblée ne se sépare qu'après les grâces dites (1).
A Plouer (Côtes-du-Nord), quand un marin s'embarque pour Terre-Neuve, on cueille un brin de joubarbe et on le suspend, la tête en bas, aux solives qui supportent le plafond. Quelquefois la plante continue à végéter, il y en a qui poussent et même fleurissent ; c'est bon signe, le marin se porte bien. Si la plante se dessèche et périt, c'est un présage de mort pour le marin (2).
Certains actes, en apparence assez insignifiants^ accomplis à la maison» peuvent exercer de l'influence sur les pêcheurs en mer. En Allemagne, cracher sur la crémaillière assure une pêche fructueuse, surtout lorsqu'on a soin d'appeler le diable par son nom (3).
En Ecosse, donner du feu à quelqu'un^ même pour allumer sa pipe, enlève la chance