W. Gregor in Folk-Lore Journal^ t. m, p .180et
pêcheurs qui s'associèrent pour faire construire un bateau, et, quand il fut arrivé à son port d'attache , le patron dit que ce n'était pas la peine de le faire baptiser, parce que cela causait trop de train et de (f coûtag^e ». Un des matelots qui l'entendit jura de ne pas mettre les pieds dans le bateau,tant qu'il n'aurait pas été fait chrétien; les autres dirent qu'ils n'y monteraient que lorsqu'il aurait essuyé trois tempêtes. Le patron les traita de peureux, et céda leur part à d'autres pêcheurs. Le lendemain, le bateau neuf mit à la voile ; mais il sortit pour la première et la dernière fois, car on n'en entendit plus parler. Depuis, on ne, manque jamais de faire bénir les barques, et l'on dit en proverbe :
Tout bateau qui n'est pas baptisé,
Est conduit par le diable, et jeté sur les rochers.
En Hasse-Bretagne, on est persuadé qu'un bateau qui n'a pas été fait chrétien n'a jamais de chance et on recruterait difficilement un équipage pour le mener.
A Boulogne un pêcheur qui monterait sur
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un bateau païen croirait qu'il le conduit tout droit à la mort.
Sur le littoral des Pyrénées-Orientales, un patron qui ne ferait pas baptiser son bateau avant de le lancer à la mer, ne trouverait pas d'équipage ou il serait exposé aux plus grands dangers. Cette croyance est si enracinée qu'en 1883 un bateau de pèche du port de Banyuls nommé « Libre-Penseur », et dont le patron est un des chefs de la Libre-Pensée, a du être baptisée, par le clergé avec tout le cérémonial accoutumé. (1)
En Haute-Bretagne . la cérémonie du baptême a lieu généralement trois jourjs après l'arrivée des bateaux dans son port.
Souvent aussi elle se fait le dimanche. Le bateau est pavoisé et illuminé. On lui donne un nom. et on le fait bénir par les prêtres ; pendant qu'ils accomplissent les rites, un des pêcheurs distribue du pain bénit à tous ceux qui sont à bord, comme