‹ Le folk-lore du pays basqueChapitre 163 sur 177 · VI. — J'arrive à la pastorale de Punçart · texte numérisé non relu

VI. — J'arrive à la pastorale de Punçart

Je ne m'arrêterai pas longtemps sur le prologue, lehen pheredikia « premier sermon », qui se compose de 68 strophes, c’est-à-dire de 272 vers. Il est récité par un acteur qui adresse humblement ses salutations à l'assistance, en basque et même en français :

« Soyex le bien arrivé — grande compagnie et plene (sic)

d'honneur, — je voudrez (sic) vous donner satisfaction (sic) — si j'avois (sic) le bonheur ».

Puis il dit un certain nombre de drôleries plus ou moins spirituelles, résume la pièce et termine en priant le public de lui réserver, pour son diner (1), un beau gigot qu’il croit avoir mérité par son éloquence.

La « farce » commence. Entrée de Mardi-gras, de Floris, son neveu, et de sa femme. Mardi-gras ordonne qu’on aille inviter Bacus (sic) à dîner et qu’on prépare cent lukainka, cent tripoich (2), toute la chair d’un bœuf, un veau grillé et un veau à la broche. Suivant l'usage, Floris, qui est censé en course, reste seul sur la scène, debout; arrivent Bacus, Polonie sa femme et Coral son fils qui s’assoient et sont censés chez eux. Floris s’acquitte de son message et Bacus lui répond en français :

« Voilà qui est bien, — je vous accepte de bon cœur; — de inanger et de boire — si jé (sic) le bonheur ».

Comme il ne mange d'ordinaire que dix-huit moutons et vingt livres de viande, il annonce qu’il apportera, pour son écot, en guise d’apéritif, une barrique de liqueur.

(1) La pastorale se jouait donc le matin, puisque dans le pays on dine à midi ou une heure.

(2) Lukainka, sorte de saucisse faite de viande de bœuf ou de mouton et très-épicée ; #ripotch, gras-double ou boudin.

Nous voici de nouveau chez Mardi-gras :

BACUS

Je vous salue, Mardy gras, — mon très-cher ami; — que vous vous portex bien — je remarque avec plaisi (sic).

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