XVI. — Amours et mariages
ger - ri - an Ar-du-ra du-da-la-rik ar-du-ra
du-da-la-rik ni-gar-ra be-gi - an Ar-du-ra
du - da-la - rik ni - gar-ra be - gi - an.
Iruten ari nuxu, khiloa gerrian, Ardura dudalarik nigarra begian.
Je me mets à filer, la quenouille à la ceinture, — ayant souvent la larme dans l'œil.
Vous pleurez, oh! avec un soupir; — vous vous consolerez, oh ! avec le temps.
Vous dites, paraît-il, que je suis brune; — je
ne suis pas blanche et rose : vous dites vrai. Les blancs sont blancs, moi je suis brune; — il en est bien content, celui qui a besoin de moi. On dit dans la rue que je suis brune: — je ne suis pas une belle blanche : ils ont raison.
D’aimables et belles blanches (il y a) douze
au pas; — de gracieuses brunes, deux sur mille.
Blanches et noires sont les brebis dans la montagne ; — vous non plus vous n’avez pas tous les avantages.
Pourquoi faire venez-vous à la place à la danse ? — les gens disent que vous êtes enceinte.
Même si je suis enceinte, je sais de qui, — d’un joli fils d’une brune.
Un petit enfant dans le ventre, un autre au bras, — le mari au cabaret; rien à manger à la maison.
C’est le fils d’artisan, rouge de couleur, — qui caresse les filles de Baigorri.
Je n'ai on de caresses que d’autres n \’aient pas; — c’est lui qui marche derrière moi; que ferais-je ?
Vous dites, paraît-il, que j'ai les maux d’amour; — je n’ai point de mal d'amour; vous dites le mensonge.
Ceux qui ont les maux d’amour sont ainsi
signalés : — les joues osseuses et sèches, les couleurs vertes.
Les gens disent: « Marier! marier! » — la
pensée de me marier n’a pas encore chauffé en moi.
Les gens disent ainsi beaucoup de choses qui ne sont pas, — ma jolie bien aimée, sur vous et sur moi.
Je vois des jeunes filles qui sont mariées — qui se promènent dans la rue, avec tout plein de petits enfants,
Pourquoi dois-je manger une pomme sure — quand je puis en manger une bonne et fine ?
Je voudrais me marier, moi, — je sais bien avec qui, — avec une jeunette belle et aimable;
Avec une jeunette belle et aimable, — avec une brune bonne et riche.
Brune précieuse, sans pareille, — les gens disent que vous n'êtes pas à moi;
Le monde l'avoir su, et moi ne pas le savoir, — vous faites bien de garder le secret !
Si vous vous mariez avec un laboureur, — vous mangerez la sardine avec la metture froide.
Si vous vous mariez avec un muletier, — vous mangerez le poisson avec l’huile.
Si vous vous mariez avec un marin, — vous mangerez la sardine avec la morue.
Si vous vous mariez avec un notaire, — vous
mangerez de la poularde avec du pain tendre.
Si vous vous mariez avec monsieur le juge, — vous boirez du café avec du sucre.
Frère, voulez-vous acheter quelque femme ?
— Dans les coins du jardin, dix-huit pour un sou.
Sœur, voulez-vous acheter quelque homme ?
— Dans les alentours de l’église, huit pour deux sous.
(Sare, 15 mars 1868 ; Ustaritz, 13 octobre 1868; Ainhoa, 21 décembre 1877; pap. Chaho; Sallaberry.)