‹ Le folk-lore du pays basqueChapitre 73 sur 177 · XVI. — Amours et mariages · texte numérisé non relu

XVI. — Amours et mariages

ger - ri - an Ar-du-ra du-da-la-rik ar-du-ra

du-da-la-rik ni-gar-ra be-gi - an Ar-du-ra

du - da-la - rik ni - gar-ra be - gi - an.

Iruten ari nuxu, khiloa gerrian, Ardura dudalarik nigarra begian.

Je me mets à filer, la quenouille à la ceinture, — ayant souvent la larme dans l'œil.

Vous pleurez, oh! avec un soupir; — vous vous consolerez, oh ! avec le temps.

Vous dites, paraît-il, que je suis brune; — je

ne suis pas blanche et rose : vous dites vrai. Les blancs sont blancs, moi je suis brune; — il en est bien content, celui qui a besoin de moi. On dit dans la rue que je suis brune: — je ne suis pas une belle blanche : ils ont raison.

D’aimables et belles blanches (il y a) douze

au pas; — de gracieuses brunes, deux sur mille.

Blanches et noires sont les brebis dans la montagne ; — vous non plus vous n’avez pas tous les avantages.

Pourquoi faire venez-vous à la place à la danse ? — les gens disent que vous êtes enceinte.

Même si je suis enceinte, je sais de qui, — d’un joli fils d’une brune.

Un petit enfant dans le ventre, un autre au bras, — le mari au cabaret; rien à manger à la maison.

C’est le fils d’artisan, rouge de couleur, — qui caresse les filles de Baigorri.

Je n'ai on de caresses que d’autres n \’aient pas; — c’est lui qui marche derrière moi; que ferais-je ?

Vous dites, paraît-il, que j'ai les maux d’amour; — je n’ai point de mal d'amour; vous dites le mensonge.

Ceux qui ont les maux d’amour sont ainsi

signalés : — les joues osseuses et sèches, les couleurs vertes.

Les gens disent: « Marier! marier! » — la

pensée de me marier n’a pas encore chauffé en moi.

Les gens disent ainsi beaucoup de choses qui ne sont pas, — ma jolie bien aimée, sur vous et sur moi.

Je vois des jeunes filles qui sont mariées — qui se promènent dans la rue, avec tout plein de petits enfants,

Pourquoi dois-je manger une pomme sure — quand je puis en manger une bonne et fine ?

Je voudrais me marier, moi, — je sais bien avec qui, — avec une jeunette belle et aimable;

Avec une jeunette belle et aimable, — avec une brune bonne et riche.

Brune précieuse, sans pareille, — les gens disent que vous n'êtes pas à moi;

Le monde l'avoir su, et moi ne pas le savoir, — vous faites bien de garder le secret !

Si vous vous mariez avec un laboureur, — vous mangerez la sardine avec la metture froide.

Si vous vous mariez avec un muletier, — vous mangerez le poisson avec l’huile.

Si vous vous mariez avec un marin, — vous mangerez la sardine avec la morue.

Si vous vous mariez avec un notaire, — vous

mangerez de la poularde avec du pain tendre.

Si vous vous mariez avec monsieur le juge, — vous boirez du café avec du sucre.

Frère, voulez-vous acheter quelque femme ?

— Dans les coins du jardin, dix-huit pour un sou.

Sœur, voulez-vous acheter quelque homme ?

— Dans les alentours de l’église, huit pour deux sous.

(Sare, 15 mars 1868 ; Ustaritz, 13 octobre 1868; Ainhoa, 21 décembre 1877; pap. Chaho; Sallaberry.)

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