XVII. — Le mal d'amour
Vous m'avez malade de cœur, je vous le dis en deux mots, — je me trouve pris par la fièvre maligne, de crainte de ne pas vous avoir: — de grâce, de grâce, prenez-moi, que je ne meure pas de chagrin.
— Contre toutes les maladies il y a des remèdes : — si vous avez la fièvre maligne, servez-vous du barbier, — et ne venez pas chez moi, ayant besoin de moi pour médecin.
— J'ai une bague faite d’or fin; — jusqu’à ce que je la voie entrée à votre doigt, — mon cœur n'aura pas dans ce monde de repos.
— Si vous avez cela, donnez-le à une autre; — à mon doigt vous ne mettrez pas de bague; — vos pas douloureux seront inutiles.
— Où que je puisse aller, mon cœur est avec vous; — je ne prends pas de plaisir avec mes jeunes camarades, — alors que je ne vous vois pas avec vos jolis yeux.
— Il y a sevt ans accomplis cet été, — que
: d’un amour parfait je vous ai aimée; — maintenant je suis triste, parce que je dois vous quitter.
(Idarbide, près Mouguerre, 4 août 1869; Sallaberry, recueil inédit.)