AVANT-PROPOS XIX
phases de ce que les Espagnols appellent la guerre de reconquête, du treizième au quinzième siècle environ. Le souvenir des chansons de geste et des romans de chevalerie s'y montre aussi très fréquemment. Il est vraisemblable que les auteurs des pastorales. ont beaucoup puisé dans les plaqueltes de la Bibliothèque bleue. .
Aucune pastorale basque n’a jamais été imprimée ; elles se transmettent de génération en génération par des copies manuscrites exécutées avec assez peu de soin. Les scribes du pays ne pouvaient avoir le souci de conserver à ces compositions leur forme exacte et, préoccupés seulement du fond, faisaient à chaque copie les corrections nécessaires pour que le texie demeurät intelligible à tous.
Plusieurs pastorales peuvent cependant être considérées comme des œuvres tout à fait modernes. Certains « poètes » du pays ont la spécialité d'en avoir composé plusieurs de toutes pièces; ils se guident généralement sur les petiles brochures « ornées » du timbre du colportage que les marchands ambulanis répandent à bas prix dans les campagnes. M. Webster a vu à Tardets, le 19 avril 1879, le manuscrit des Quatre fils Aymon; l’auteur, P. Irigarex, de Laguinge, lui montra la brochure française originale, un petit in-quarto de 96 pages à 2 colonnes sorti des presses de la maison Pellerin, d'Épinal. Irigarez avait seulement ajouté aux personnages du récit un
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roi des Turcs et trois Satans de son invention : son manuscrit était daté du 15 juin 1875.
Parmi les « auteurs » ou « arrangeurs » les plus célèbres, on cite, outre ]. P. Irigarez, de Laguinge, J. P. Busson de Tardets (mort en 1875), Agie de Tardets, Goyheneix d’Alçay, Laxague de Lichans, JT. B. Saffores de Tardets, Bessiger d’Esquiule qui s'intitulait « professeur de tragerie (1) » ; j'ai relevé sur des manuscrits déjà anciens, les autres noms suivants : Jacques Oihart Larrondo d’Uhart-Mixe (1850), Jacques Oihenart (1827), Oihenart (1770), Arhex,: Salvador Baratchegaray, Gratien Changard de S. Palais, Etchebarne de Charitte, Pierre Fourcade fils aîné dit Holloton (an XII), Mécot fils aîné, régent d'Ainharp (1790) ou d’'Ordiarp (1793), Larché de Sauguis (1769). Les manuscrits originaux de ces « auteurs » passent de main en main et leurs détenteurs s’en font une précieuse source de revenus ; car ils ont le privilège « d'extraire » (c’est le mot consacré), moyennant finances, chaque rôle ; j'ai pu cependant men procurer quelques-uns et un certain nombre d'autres ont été récemment acquis par les bibliothèques municipales de Bayonne el de Bordeaux. Mais beaucoup de ces intéressantes compositions ont dû se perdre
(1) La mutation d =+x est habituelle au basque : cf. soldado = soldaru « soldat »; miricu —medicu « #édecin »; amorio = amodio « amour », etc.