X. — Le compte des mois
Nous avons à Mouguerre un grand miracle;
— s’il était secret, je ne le dirais pas: — il y avait eu une nouvelle noce, — et je crois que toute jalousie a disparu.
Le mariage eut lieu le premier mai: — la
lune de miel de l’épouse dura jusqu’en juin; — son mari n’avait point peur de vivre avec elle, — il avait pris la rose avec ses épines.
Pour juillet, elle commença à tirer ses comptes : — Maria demanda conseil à son beaufrère, — la ceinture de la dame commençait à s’élargir, — (pour savoir) combien de temps il y avait depuis le mois de mai jusque-là.
(x) Sorte de pain de maïs, aliment des pauvres.
Le beau-frère lui donna un conseil sûr; — le compte qu'il fit peut s'étendre loin: — trente nuits et autant de jours (par mois), — en trois
mois comptons-en six.
Le nouveau marié fut content de ce compte :
— « Je ne fais point de cas des cancans du monde; — peut-être cela est-il arrivé par la grâce de Dieu; — je jouirai à mon tour du fruit nouveau. »
Revenu chez lui, il dit à sa dame : — « J'étais malade pour quelque chose sans raison ; — mais j'ai de l’obligation à mon frère : — il m’a consolé, et j'ai retrouvé le repos ».
(Urt, 15 novembre 1870.)