RAMOLLISSEMENT CÉRÉBRAL
avait un double foyer de ramollissement : au pont de Varole et dans la partie postérieure de l'hémisphère gauche. Il faut noter aussi le cas de Zacher (7) où un ramollissement bilatéral et symétrique des lobes frontaux donna lieu à une double névrite optique.
En plus de ces lésions de la papille dues à des troubles inflammatoires ou à la compression, il peut se produire dans le nerf optique des troubles vasculaires causés par l'oblitération de lartère centrale de la rétine par une fraction de l’'embolus, en même temps qu’une autre partie de l’embolus ira oblitérer une artère du cerveau, le plus souventune branche de la sylvienne. On peut supposer qu’un embolus volumineux sera arrivé près de la terminaison de la carotide interne et se sera alors fractionné; ses débris pourront être partagés entre les différentes artères que forme, en se divisant, la carolide interne; une partie même de l’embolus pourra pénétrer dans l'artère ophtalmique dont l'orifice dans la carotide interne est tout proche.
Gowers (4) a observé un cas d’embolie de l'artère centrale de la rétine de l'œil gauche survenue cinq jours après une hémiplégie droite. Tous les auteurs reconnaissent que l’embolie de Partère centrale peut coïncider avec une embolie d’une artère cérébrale (Panas-Berger). J'ai observé aussi plusieurs cas où une cécité subite d’un œil, suivie d’atrophie de la papille, était survenue en même temps qu'une hémiplégie. Dans un cas, c’est une femme âgée de 40 ans : elle a un ictus suivi d’hémiplégie gauche : la vue se trouble aussitôt et trois mois après on peut constater une atrophie de la papille droite; l’acuité visuelle est très diminuée (1/20), le champ visuel très rétréci. La papille est blanche, ses bords nets; il ya quelques petites hémorragies à son pourtour et de petites taches exsudatives dans la macula. L’auscultation révèle que la malade est atteinte d’une maladie mitrale. Un autre malade à un ictus suivi d’une hémiplégie gauche incomplète et abolition de la vision de l’œil droit; l'examen ophtalmoscopique montre qu'il y a une atrophie de la papille. Un malade âgé de 4 ans a un ictus; il devient paralysé du côté droit et, bientôt après, il s'aperçoit qu'il ne voit presque plus de l'œil gauche, il a un peu d’aphasie : il ya une atrophie de la papille gauche, l’acuité visuelle est très faible; il compte les doigts à 30 centimètres seulement. Enfin un homme de 50 ans a subitement de l’aphasie et la vue se perd dans lœil gauche, la papille s’atrophie, mais pas immédiatement; au dé-
but, bien que l’acuité visuelle soit nulle, la papille est normale et on peut suivre jour par jour les progrès de l’atrophie qui devient complète.
Mon Père [cité par Robin (3)] a observé FPU le service de Charcot un malade atteint d’une affection mitrale qui eut de l’aphasie eten même temps une perte de la vision de l’œil gauche; il y eut embolie de l'artère centrale. Robin relate encore le cas d’un malade de Peter qui eut de l’aphasie, puis de l’atrophie de la papille gauche.
Al peut donc survenir, en même temps que l’embolie cérébrale, une embolie de l’ophtalmique et de l'artère centrale de la rétine : cette concomitarice doit même être assez fréquente et mériterait d’être attentivement recherchée.
BIBLIOGRAPHIE 1: WursT. — Przeglad lekarski, n° 25, 26, 1875, et n° 39, 33, 2, ST. MACKENZIE. — À case of double optic neurilis without
gross cerebral lesion, with remarks upon the immediate causalion of oplic neurilis. Brain, janv. 1879.