‹ Le Fond de l'Œil dans les Affections Du Systeme NerveuxChapitre 43 sur 74 · ZACHER. — Neurolog. Centralbl., t. XX, 1901, analysé dans · texte numérisé non relu

ZACHER. — Neurolog. Centralbl., t. XX, 1901, analysé dans

. Archives de Neurologie, t. Il, p. G0, 1902.

De tous les symptomes généraux, dans les tumeurs intracràniennes, un des plus importants, après les maux de tête, est la stase papillaire.

Peu de temps après la découverte de l’ophtalmoscope par Helmholtz, de Graefe signalait, en 1861, la névrite optique dans un cas de tumeur cérébrale où l’autopsie révéla un sarcome de l'hémisphère cérébral droit ; l'exemple de de Graefe fut suivi : on examina le fond de l'œil dans les tumeurs cérébrales et la névrite optique fut très fréquemment observée. De nombreux auteurs publièrent des travaux sur ce sujet; un des premiers fut mon Père qui, en 1866, publia sa thèse ayant pour titre : « Étude ophtalmoscopique sur les altérations du nerf optique el sur les maladies cérébrales dont elles dépendent. » Il faut citer encore les travaux de Manz, Leber, Parinaud, Dupuy-Dutemps, etc. Tous ces auteurs sont d'accord pour donner à la stase papillaire une valeur diagnostique considérable.

On a donné à la tuméfaction et à la désorganisation de la papille dans les tumeurs cérébrales des noms très différents ; pour les uns, c’est la névrite optique; mais ce terme est trop vague : il s'étend à boutes les inflammations du nerf optique; le terme de névrite œdémateuse, bien que préférable, s'applique à toutes Les névrites où il y a de l’ædème du nerf optique, mais ne répond pas à l'aspect ophtalmoscopique dans le cas particulier; on emploie souvent l'expression d’ædème de la papille, qui est meilleure, mais est encore trop vaste, puisqu'il y a des œdèmes papillaires dans les méningites qui ne donnent pas lieu à une désorganisation aussi complète des tissus de la papille; enfin on se sert des termes de papille étranglée (que j'éliminerai, car il n'y à pas en réalité d’étranglement), et de stase papillaire : ce terme, qui est la traduction du mot allemand stauwungspapille, doit être conservé, car il donne bien l'idée de l'apparence que présente la papille dans Les

tumeurs cérébrales; et de plus, il ne s'applique qu’à cette seule forme de névrite. Les Anglais ont adopté, pour la même névrite, le terme de choked disk.

FRÉQUENCE DE LA STASE PAPILLAIRE

La fréquence de la stase papillaire peut varier suivant le siège, la nature ou le volume de la tumeur.

Sur 45 cas de tumeur, Reich (20) a observé Æ fois la stase bilatérale et 1 fois la stase unilatérale (scit 93 p. 100), Annuske (17) sur 43 cas a trouvé ce symptôme #1 fois des deux côtés et une fois d’un seul côté (soit 96 p. 100). L'ensemble de ces deux statistiques donne sur 88 cas une proportion de stase papillaire bilatérale de 95,4 p. 100 des cas. Annuske a réuni un plus grand nombre d'observations de tumeurs : il en a examiné 884 cas et a trouvé :

Pas de mention des troubles visuels. . .... 256 fois. Altérations 06 Ne een 02 VAS — Pass de: trouDies COS OP RES 380 —

Pour Gowers (34) la stase n’existerait que dans les 4/5 des cas. W. Edmonds et Lawford (51), sur 96 cas de tumeurs où l’autopsie fut pratiquée, trouvèrent la stase papillaire dans 86 p. 100 des cas des tumeurs siégeant à la base et dans 46 p. 100 des tumeurs de la convexité.

Une statistique plus récente et portant sur un grand nombre de faits, six cents, celle de Martin (90) donne les chiffres de 64 à 86 p.100, suivant la nature et le siège de la tumeur. Wilder sur 140 cas a vu 104 fois la stase, soit dans 75 p. 100 des cas.

Oppenheim (63), grâce aux altérations de la papille, a pu faire le diagnostic de tumeur cérébrale dans 86 p. 100 des cas qu'il eut à examiner. Pour lui, la stase papillaire est symptomatique d’une tumeur cérébrale dans au moins 90 p. 100 des cas.

Elschnig (70) a réuni 200 observations de tumeurs intracràmiennes avec autopsie. Dans 181 cas il y avait stase papillaire (soit 90,9 p. 100) et dans 7 p. 100 des cas seulement la rétine était intéressée.

Enfin, si la tumeur siège en avant et à la base du crâne, et comprime directement le chiasma, on pourra voir se développer une

TUMEURS CÉRÉBRALES 89 atrophie des deux papilles sans stase papillaire. Si un seul des nerfs optiques est comprimé, la papille de ce côté pourra s’atrophier, et de l’autre il pourra y avoir stase [cas de Raymond (108), adénome polykystique ayant distendu le chiasma, détruit la bandelette optique droite et refoulé le lobe sphénoïdal et le lobe supra-orbitaire du frontal]. Il peut mème se produire une atrophie des papilles non précédée de stase, due à la dilatation ventriculaire agissant directement sur le chiasma [cas de Becker (111), gliome du 3° ventricule].

Ainsi donc les altérations du nerf optique sont presque constantes, soit qu’elles se manifestent sous forme de slase papillaire, soit qu'il y ait atrophie de la papille.

Comment évoluent ces troubles oculaires et comment peut-on les distinguer des autres troubles du fond de l'œil qui ne sont pas symptomatiques d’un néoplasme intracrânien ?

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